Ressources numériques en sciences humaines et sociales OpenEdition Nos plateformes OpenEdition Books OpenEdition Journals Hypothèses Calenda Bibliothèques OpenEdition Freemium Suivez-nous

Appel à communication : Relectures postcoloniales des échanges artistiques et culturels entre Europe et Maghreb (Algérie, France, Italie, Maroc et Tunisie) – 18e-21e siècles

Relectures postcoloniales des échanges artistiques et culturels entre Europe et Maghreb (Algérie, France, Italie, Maroc et Tunisie) –  18e-21e siècles 

Colloque international organisé par l’Académie de France à Rome-Villa Médicis, le Centre F.G. Pariset de l’Université de Bordeaux-Montaigne, l’École française de Rome, l’École du Louvre, Paris, l’Institut National d’Histoire de l’Art (Axe Mondialisation), Paris, l’Institut de Recherches sur le Maghreb Contemporain, Tunis, le Laboratoire d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines de l’Université de la Manouba-Tunis et le Musée du Louvre (Département des Antiquités Grecques, Etrusques et Romaines ; Département des Arts de l’Islam), Paris.

Il se déroulera en trois sessions : Paris, 12-13/12/14 ; Rome, 9-10/04/15 et Tunis, 4-6/06/15.

COMITÉ D’ORGANISATION 

Éric de Chassey, directeur de l’Académie de France à Rome-Villa Médicis, professeur d’histoire de l’art contemporain à l’École Normale Supérieure de Lyon

Karima Dirèche, directrice de l’IRMC, Tunis, chargée de recherches au CNRS

Philippe Durey, directeur de l’École du Louvre, conservateur général du Patrimoine, Jean-Luc Martinez, directeur du Musée du Louvre, conservateur général du Patrimoine

Catherine Virlouvet, directrice de l’École française de Rome, professeur d’histoire ancienne à l’Université d’Aix-Marseille

Stéphane Bourdin, directeur des études pour l’Antiquité, École française de Rome, maître de conférences en histoire antique à l’Université de Picardie

François Dumasy, directeur des études pour les Époques moderne et contemporaine, École française de Rome, maître de conférences à l’IEP d’Aix-Marseille

Dominique Jarrassé, professeur d’histoire de l’art contemporain à Bordeaux-Montaigne et membre de l’Équipe de recherche de l’École du Louvre

Annick Lemoine, chargée de mission à l’Académie de France à Rome-Villa Médicis, maître de conférences en histoire de l’art moderne à l’Université de Rennes 2

Ahmed Saadaoui, professeur d’histoire de l’architecture, Université de la Manouba

Sophie Saint-Amans, docteur en histoire, chargée de l’administration des bases scientifiques au Département des AGER du Musée du Louvre

COMITÉ SCIENTIFIQUE 

Badia Belabed-Sahraoui, architecte, professeur à l’Université de Constantine

Stéphane Bourdin, directeur des études pour l’Antiquité, École française de Rome, maître de conférences en histoire antique à l’Université de Picardie

Éric de Chassey, directeur de l’Académie de France à Rome, professeur d’histoire de l’art contemporain à l’École Normale Supérieure de Lyon

François Dumasy, directeur des études pour les Époques moderne et contemporaine, École française de Rome, maître de conférences à l’IEP d’Aix-Marseille

Benoît de L’Estoile, directeur de recherches au CNRS, Iris

Hannah Feldman, professeure associée d’histoire de l’art, Northwestern University

Ezio Godoli, professeur d’histoire de l’architecture à l’Université de Florence

Mohamed Sghir Janjar, directeur adjoint de la Fondation du Roi Abdul Aziz Al-Saoud pour les Études Islamiques et les Sciences Humaines, Casablanca

Dominique Jarrassé, professeur d’histoire de l’art contemporain à Bordeaux-Montaigne et membre de l’Équipe de recherche de l’École du Louvre

Yannick Lintz, directrice du Département des Arts de l’Islam, Musée du Louvre

Zahia Rahmani, conseiller scientifique à l’INHA, Programme Art et mondialisation

Ahmed Saadaoui, professeur d’histoire de l’architecture, Université de la Manouba

Daniel Sherman, professeur, University of North Carolina, Chapel Hill

ARGUMENTAIRE 

Ce colloque souhaite, en réunissant des spécialistes des deux rives de la Méditerranée et d’ailleurs, envisager comment se sont construites les relations culturelles et artistiques entre France, Italie et Maghreb dans des moments cruciaux de leur histoire, avant la colonisation, en situation coloniale et après les indépendances, mais en se situant aujourd’hui, dans l’héritage des regards, des échanges et des représentations. Ces relations se sont certes inscrites dans l’art, l’architecture, l’archéologie et les institutions culturelles comme les musées, elles ne relèvent cependant pas de la seule histoire de l’art ou archéologie, mais d’une contribution des sciences sociales les plus larges : sociologie, anthropologie, études postcoloniales…

Ces questions doivent être revisitées à la lumière de la réflexion postcoloniale et d’une déconstruction systématique des regards et des savoirs, aujourd’hui bien engagée. L’objectif premier se situe donc dans la prise en considération des relations présentes et de la gestion d’un héritage commun. Souvent envisagés comme une relation à sens unique, en termes de domination ou de transferts de modèles d’une métropole vers des périphéries, ces échanges ont été bien plus riches et complexes. Il ne s’agit pas d’édulcorer la relation coloniale, mais de la replacer dans le temps long et de montrer comment la culture européenne s’est elle-même transformée à ces contacts étroits et comment l’apport du « terrain » nord-africain a pu contribuer à l’évolution des sciences humaines et sociales. De même, il convient d’analyser comment la culture des pays du Maghreb s’est trouvée modelée par les occupations française et italienne, par les déplacements de population, par l’imbrication et l’évolution de communautés aux identités plurielles et aux histoires néanmoins communes. Cette région du monde, de part et d’autre de la Méditerranée, offre donc aujourd’hui une histoire partagée à réécrire.

La spécificité des différents partenaires et des lieux de rencontres, Paris, Rome et Tunis, garantit la pluralité des approches. L’utilisation du terme « postcolonial » dans le titre de ce colloque traduit une volonté de confronter aussi ces sujets aux hypothèses proposées par ce domaine de réflexion qui fournit des principes critiques fructueux : une nécessaire contextualisation de toute réflexion dans les débats actuels, le dépassement des entraves de l’ethnocentrisme et de l’orientalisme, l’instauration d’un véritable dialogue entre ces cultures marquées dans un sens ou un autre par l’expérience coloniale. Né du refus de l’essentialisme inscrit dans la relation coloniale et conjugué avec la nécessité de repenser les récits linéaires de la modernisation des « autres », le projet ne tient donc pas tant à une accumulation de nouvelles connaissances qu’au décentrement de nos savoirs.

La vitalité politique et esthétique de ces régions, comme la modification des équilibres géopolitiques, suggèrent de nouvelles dynamiques de recherches.

AXES THÉMATIQUES 

Le colloque Relectures postcoloniales des échanges artistiques et culturels entre Algérie, France, Italie, Maroc et Tunisie (18e-21e siècles) s’articule entre trois thématiques, trois sessions et trois lieux, selon un axe géographique qui unit les deux rives de la Méditerranée.

La première section du colloque propose d’explorer l’héritage des musées coloniaux, comme l’héritage colonial des musées. Cela signifie donc qu’il ne saurait être question d’examiner, sur une rive, le Museo coloniale de Rome, dont le dernier avatar (IsIAO) vient d’être liquidé sans explication, ou le musée du Quai Branly à qui on voudrait faire porter seul, du fait de l’histoire de ses collections, la fonction exutoire d’un passé mal digéré et, sur l’autre rive, les musées créés en situation coloniale, comme s’ils étaient sans lien. Il convient d’entremêler les deux champs et surtout d’étendre l’enquête à tout type de musée (du Louvre au controversé musée de l’histoire de la France et de l’Algérie et au MuCEM dont la vocation de pont entre les deux rives est fortement affirmée), à l’impact de la culture coloniale et des enrichissements réalisés durant la période coloniale sur leur conception et leurs collections, et à la politique actuelle de ces musées dans leur relation avec les anciennes colonies du Maghreb… Car les échanges sont encore aujourd’hui intenses. Bien sûr, cette section axée sur l’histoire des musées et la muséologie, recoupe celle qui concerne la colonisation archéologique et patrimoniale ; les processus de dépossession et d’appropriation y jouent sur le même plan et doivent être étudiés ensemble pour être compréhensibles. À la lumière d’un temps long, il sera possible également de percevoir le rôle des premiers collectionneurs, en particulier dans le Maghreb pré-colonial(quoique déjà en proie à des formes d’impérialisme occidental), tels le Bey, le fils du premier ministre Kaznadar ou le consul anglais Reade, dans le cas de la Tunisie. Il est proposé de réexaminer la place du Maghreb dans des musées nationaux spécialisés comme le Quai Branly et la section des Arts islamiques du Louvre, dans les collections archéologiques et ethnographiques italiennes et françaises, mais aussi dans les musées maghrébins accueillant des collections de beaux-arts, archéologie, ethnographie… Certains musées, notamment au Maroc, ont été créés pour encadrer ou fournir des modèles en vue d’une « régénérescence » des arts dits indigènes. Les modalités de la collecte et de la classification des objets muséalisés, l’usage performatif des catégories de l’histoire de l’art européenne (archéologies romaine, paléochrétienne, « musulmane » remplacé aujourd’hui par « islamique », arts et traditions « populaires », civilisations…) et d’une anthropologie marquée par le paradigme évolutionniste ont créé des hiérarchisations implicites… On doit se souvenir que la constitution des disciplines consacrées à ces domaines, et surtout leur institutionnalisation, s’est déroulée dans le contexte de montée, puis d’apogée, du colonialisme ; ces interférences ont pesé lourdement, non seulement sur les hiérarchisations entre cultures européennes et maghrébines, mais dans la constitution même des collections. Le contexte actuel, dans une ère post-coloniale, invite à repenser la qualification de ces objets et le fonctionnement des musées hérités ou remodelés…

La deuxième section est consacrée aux arts visuels sous l’angle à la fois historique et contemporain. Elle concerne les productions artistiques en contexte colonial et l’art contemporain en lien avec les pays concernés. L’enjeu est de revenir ici sur les notions d’héritages et d’essentialisme propres aux productions artistiques dites postcoloniales. Pour des raisons simplificatrices, communicationnelles ou économiques, il est avéré que ces oeuvres du passé et celles d’aujourd’hui sont sans cesse envisagées dans leur relation avec les identités et la culture des communautés d’origine de leurs producteurs. Il est pourtant acquis que l’identité coloniale ne peut être une mesure fixe, et qu’elle n’a pas cessé de se redessiner.

Les artistes en ont exprimé l’expérience selon des modes de créations artistiques très divers. Force est de constater, avec le tournant anthropologique qui caractérise aujourd’hui le champ de l’art, que le fonctionnement et l’héritage de ces processus identitaires ont joué et jouent un rôle central dans le processus créatif et sa réception.

Qu’il s’agisse de la tentative de créations d’« écoles », au double sens évidemment de structures d’enseignement, mais surtout de groupes d’artistes ancrés dans un territoire (école d’Alger, école de Tunis, artistes italiens de Tunisie…), ou au contraire d’une incessante déterritorialisation au gré d’exils et de migrations qui ont touché de nombreux individus pris dans l’étau de l’histoire et de ses vicissitudes, – on pense notamment à la manière dont les identités ont été captées et réduites à des dénominateurs communs comme « arabe » « blanc », « juif », « pieds-noirs», « roumi » … – dans l’un et l’autre cas, les artistes n’ont pu échapper à l’assignation de « l’origine » alors que la déterritorialisation se révèle une expérience fondatrice d’une nouvelle modalité d’existence qui nourrit largement leurs pratiques. Avec l’art contemporain, la dernière scène artistique internationale a réitéré ce schéma. Ramenant les artistes de la diaspora ou issus de migrations à un régionalisme « maghrébin » dont les oeuvres en porteraient les indices culturels. Les critères esthétiques d’évaluation artistiques semblent ne pas concerner ces oeuvres, souvent elles aussi convoquées sous le label « postcolonial ».

Cette double perspective permet d’établir des continuités avec des processus plus anciens, tel l’orientalisme qui n’a pas attendu la colonisation pour se développer et s’est mué aisément en « art colonial », notion particulièrement développée en Italie dans l’entre-deux-guerres comme l’attestent les Mostre internazionali d’Arte coloniale à Rome (1931) et à Naples (1934), ainsi une section algérienne est organisée par Jean Alazard, qui regroupe artistes occidentaux et arts indigènes. Des convergences se sont construites dans les regards coloniaux français et italiens, malgré des fondements idéologiques différents. L’art colonial commandité par les institutions, bourses de voyages, décors officiels, etc., reste un champ immense, à peine abordé par des lectures historiennes parfois réductrices dans leur vision binaire ou dans leur incapacité à regarder ces arts autrement que comme « propagande ».

Il convient de poursuivre la démarche démystificatrice de L’Orientalisme d’Edward Said, en combinant analyse des valeurs esthétiques et lectures géopolitiques. Et il est nécessaire et opportun de soumettre aujourd’hui l’intention de Said à une lecture du sous-texte. Déconstruire les représentations de l’autre ne signifie pas que l’autre « convoqué » existe. Le système de l’art quant à lui perpétue cette fiction. Pourquoi ? On est ici au coeur des représentations que la pensée postcoloniale et les artistes contemporains tentent « d’exposer ». Ces derniers sont souvent assignés à exprimer la note « originaire » attendue, en continuité avec des catégories identitaires sur lesquelles ils s’appuient pour effectuer un travail critique. Mais cet « essentialisme stratégique » montre aussi ses limites.

La troisième section associe trois champs d’étude aux intrications nombreuses, qui s’avèrent les mieux explorés : les transferts architecturaux, la colonisation archéologique, l’« invention » et les usages des patrimoines. Ainsi, sous la direction d’Ezio Godoli, une impressionnante série de travaux a montré le rôle des architectes italiens dans tous les pays du pourtour oriental et méridional de la Méditerranée, des programmes de recherches Euromed Heritage ont exploré les patrimoines euro-méditerranéens, l’IRMC a mené des programmes sur les liens entre patrimonialisation et création architecturale… La question des identités et de la modernité a été privilégiée dans des débats sur l’« arabisance » ou le néo-mauresque, sur le fantasme d’une « architecture méditerranéenne » ou « rationaliste », sur l’architecture utopique des projets architecturaux et urbains dans les colonies, italiennes surtout… Cependant bien des fonds d’archives restent à explorer et des figures d’architectes, d’archéologues ou d’acteurs du patrimoine restent à découvrir ou à mieux connaître, des laboratoires universitaires tunisiens, algériens et marocains se sont fondés sur ces thématiques, des recherches doctorales ont été menées ou sont en cours sur le musée des beaux-arts d’Alger, sur l’histoire de l’archéologie au Maghreb, sur Prosper Ricard, qui a étudié les « arts indigènes » du Maroc à la Libye, etc. Ici il semble donc que la relecture postcoloniale puisse s’appuyer sur d’importants travaux dont les démarches demeurent parfois trop essentialistes, du fait des enjeux identitaires et idéologiques qui s’y inscrivent. De ce fait, les orientations souhaitées pour cette section seraient plutôt l’identification des processus à l’oeuvre dans la production d’architectures hybrides (et cela dès avant la colonisation), les réflexions sur l’impact actuel de ces études sur les architectes ayant oeuvré en territoire colonisé, le rôle des intermédiaires au cours des diverses périodes, la transmission des compétences entre systèmes coloniaux et nationaux, les réinventions, pour ne pas dire recyclages politiquement corrects, des créations du temps colonial, le rôle complexe des institutions coloniales dans la patrimonialisation, la réappropriation après les indépendances… Si, très vite pour des raisons politiques et économiques évidentes, ces trois domaines – architecture, archéologie et patrimoine, propices à l’expression identitaire – ont fait l’objet de l’attention des instances gérant ces territoires, les fonctions qui leur sont assignées aujourd’hui demeurent centrales, car elles touchent à la fois aux identités reconstruites et aux stéréotypes touristiques. Le tourisme, né en situation coloniale lui aussi, pèse en effet lourdement sur les représentations, selon les pays depuis les indépendances. De tels questionnements voudraient renverser les approches à sens unique perpétuant un schéma centre/périphérie et éclairer les implications qui se sont produites en retour dans l’architecture, dans les savoirs académiques, sciences de l’antiquité (histoire ancienne, archéologie, épigraphie, pour lesquelles la contribution de la documentation nord-africaine a été essentielle), ou sciences humaines en général, dans la qualification des objets patrimoniaux.

Les langues du colloque seront l’anglais, l’arabe, le français et l’italien.

Les propositions comporteront un titre et un texte d’au maximum 3000 signes, et une biographie de maximum 350 signes ; en cas de proposition en arabe, il conviendra d’y joindre un résumé en français ou en anglais. Les propositions pour les trois sessions du colloque sont à adresser, au plus tard le 15 juillet 2014, à :

colloques@ecoledulouvre.fr

Une réponse sera apportée fin septembre à l’ensemble des propositions.

Coordination : Dominique Jarrassé

 

CALL FOR PAPERS 

Postcolonial re-readings of the artistic and cultural exchanges between Europe and Northern Africa (Algeria, France, Italy, Morocco and Tunisia) – 18th-21st centuries 

International colloquium organized by the Académie de France à Rome-Villa Médicis, the F.G. Pariset Centre at the University of Bordeaux-Montaigne, the École Française de Rome, the École du Louvre, Paris, the Institut National d’Histoire de l’Art (Globalization group), Paris, the Institut de Recherche sur le Maghreb Contemporain (IRMC), Tunis, the Laboratoire d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines de l’Université de la Manouba-Tunis and the Louvre Museum (Department of Greek, Etruscan, and Roman Antiquities; Department of Islamic Art), Paris.

Three sessions are planned: Paris, 12-13/12/14, Rome, 9-10/04/15 and Tunis, 4-6/06/15

Organizing committee: 

Éric de Chassey, director of the Académie de France à Rome-Villa Médicis, professor of art history, École Normale Supérieure, Lyons

Karima Dirèche, director of the IRMC, Tunis, researcher at the CNRS

Philippe Durey, director of the École du Louvre, conservateur général du Patrimoine Jean-Luc Martinez, director of the Louvre Museum, conservateur général du Patrimoine

Catherine Virlouvet, director of the École française de Rome, professor of ancient history, University of Aix-Marseille

Stéphane Bourdin, director of studies, ancient civilizations, École française de Rome, senior lecturer in ancient history, University of Picardy

François Dumasy, director of studies, modern and contemporary civilizations, École française de Rome, senior lecturer, IEP, Aix-Marseille

Dominique Jarrassé, professor of modern art history, University of Bordeaux-Montaigne and member of the research group at the École du Louvre

Annick Lemoine, project leader at the Académie de France à Rome-Villa Médicis, senior lecturer in art history at the University of Rennes 2

Ahmed Saadaoui, professor of architectural history, University of Manouba

Sophie Saint-Amans, PhD in ancient history, head of scientific databases in the Department of Greek, Etruscan, and Roman Antiquities, Louvre Museum

Scientific committee (current state)

Badia Belabed-Sahraoui, architect, professor at the University of Constantine

Stéphane Bourdin, director of studies, ancient civilizations, École française de Rome, senior lecturer in ancient history, University of Picardy

Éric de Chassey, director of the Académie de France à Rome-Villa Médicis, professor of art history, École Normale Supérieure, Lyons

François Dumasy, director of studies, modern and contemporary civilizations, École française de Rome, senior lecturer, IEP, Aix-Marseille

Benoît de L’Estoile, director of research at the CNRS, Iris

Hannah Feldman, associate professor in art history, Northwestern University

Ezio Godoli, professor of architectural history, University of Florence

Mohamed Sghir Janjar, directeur adjoint de la Fondation du Roi Abdul Aziz Al-Saoud

pour les Études Islamiques et les Sciences Humaines, Casablanca

Dominique Jarrassé, professor of contemporary art history, University of Bordeaux-Montaigne and member of the research group at the École du Louvre

Yannick Lintz, director of the Islamic Arts department, Louvre Museum

Zahia Rahmani, scientific advisor, INHA, Globalization group

Ahmed Saadaoui, professor of architectural history, University of Manouba-Tunis

Daniel Sherman, professor, University of North Carolina, Chapel Hill

PRESENTATION 

This colloquium, which will bring together specialists from the northern and the southern shores of the Mediterranean, and elsewhere, wants to examine the construction of cultural and artistic relationships between France, Italy and Northern Africa at crucial stages in their history, namely before, during and after colonization. The point of view adopted will be that of today, in terms of the legacy of these attitudes, exchanges and representations. These relationships were certainly at work in art, in architecture, in archaeology and in cultural institutions such as museums, but they should not be seen in connection only with the history of art and of archaeology. They should be viewed in a perspective which brings into play the social sciences in a larger sense: sociology, anthropology, postcolonial studies…

These questions should be revisited in the light of postcolonial thought and also of a systematic deconstruction of views and knowledge, a process which is well underway today. The first aim is therefore to consider current relations and the management of a shared legacy. These exchanges have often been viewed as functioning in only one direction, seen in terms of domination or the transfer of models from a metropolis toward peripheral regions; they were however richer and more complex than this model suggests. It will not be a question of sugaring the pill of the colonial relationship, but of replacing it within a longer timescale and showing how European culture was changed thanks to these close contacts and how the experience gained from the “fieldwork” in North Africa contributed to the development of the human and social sciences. It will also be important to study the effects on culture of the Maghreb countries of the French and Italian occupations: population movements, intertwining and evolution of communities with plural identities and histories which did after all share some common features. This area of the world, on both shores of the Mediterranean, therefore offers us today a shared history which should be rewritten.

The various partners and the centres chosen for the colloquium – Paris, Rome and Tunis – each have their own specific features, and this should guarantee a plurality of approaches. The use of the word « postcolonial » in the colloquium title is an indication of the wish to confront these objects of study with the hypotheses offered by this area of research and reflection which in turn presents some fruitful critical principles: the need to contextualize all reflection in the current debates, the chance to surmount the obstacles of the ethnocentric approach and of orientalism, the introduction of a true dialogue between these cultures which have been marked in one way or another by the colonial experience. Born out of a refusal to accept the essentialism which is enshrined in the colonial relationship and combined with the need to rethink the linear accounts of the modernization of “the Others”, the project aims not so much at accumulating new knowledge and facts as at the decentring of our ideas.

The political and aesthetic vitality of these areas, and the shift in geopolitical balances, offer ideal conditions for new research dynamics.

SECTION THEMES 

The colloquium Post-colonial re-readings of the artistic and cultural exchanges between Europe and Northern Africa (Algeria, France, Italy, Morocco and Tunisia) – 18th-21st centuries is articulated around three themes, three sessions and three locations, situated along a geographical axis which unites the northern and southern shores of the Mediterranean.

The first section of the colloquium will be devoted to the legacy of colonial museums and the colonial heritage of museums. As a result, we shall not analyse, on one shore of the Mediterranean, the Museo coloniale in Rome, whose most recent manifestation (IsIAO) has just been closed down without any explanation, or the Quai Branly Museum, which has to a great extent been expected to bear alone (largely because of the history of the collections which it houses) the responsibility for an ill-digested past and, on the other shore, museums created during the colonial period, as though there were no link between them. It is important to combine the two fields of study and more especially to extend the range to include all types of museum (from the Louvre to the controversial Museum of the history of France and of Algeria and also the MuCEM whose mission as a bridge between the two shores has been clearly stated). It would also be important to include the impact on these museums of colonial culture and of acquisitions made during the colonial period – in terms of their conception and their collections – and likewise the current policy of these museums with regard to the former colonies in the Maghreb… For the exchanges are, even today, still intense. Of course there are some overlaps between this section focussing on the history of museums and museology and the section on archaeological and patrimonial colonization; the processes of dispossession and appropriation function here on the same footing and need to be studied together in order to be comprehensible. Taking a long-term view, it should also be possible to appreciate the role of the first collectors, especially in pre-colonial Maghreb (which was nonetheless already subject to some forms of western imperialism): figures such as the Bey, the son of the Prime Minister Kaznadar or the English Consul Reade, in Tunisia, could here be better understood. We should like to re-examine the place of the Maghreb regions in specialized national museums, such as the Quai Branly and the Islamic Art section in the Louvre, in the French and Italian archaeological and ethnographical collections, but also in the museums in the Maghreb which have fine arts, archaeological and ethnographical collections… Some museums, particularly in Morocco, have been set up to offer a home to or offer models in view of a “regeneration” of native arts. The methods of collection and classification of the musealized objects, the performative use of the categories exploited in European art history (Roman or Early Christian archaeology, “Muslim” archaeology which is now referred to as “Islamic”, “popular” arts and traditions, civilizations…) and of a theory of anthropology characterized by the evolutionary paradigm have all contributed to creating implicit hierarchies… It should be remembered that the intellectual disciplines in these fields – and the institutionalization of these disciplines – occurred within the context of the rise and then the apogee of colonialism; these conditions weighed heavily on not only the development of a hierarchy between European and Maghreb cultures but also on the very construction of the collections. The current context, in a post-colonial epoch, should incite us to rethink the characterization of these objects and the functioning of inherited or remodelled museums…

The second section is devoted to visual arts from a historical and a contemporary point of view, considering artistic production in a colonial context and contemporary art in connection with the countries under consideration here. The aim is to revisit the notions of heritage and of essentialism inherent in the artistic productions which we call postcolonial. For reasons of simplification, of communication or of economics, it turns out that the works of both yesterday and today are constantly perceived in terms of their relationship to the identities and the culture of the communities from which their creators originated. It is however understood that colonial identity cannot be a fixed measurement and that it is constantly being redrawn. Artists have shown their experience of this fact in a number of highly diverse artistic creations. The anthropological turn which marks art today encourages us to observe that the functioning and the legacy of these identity processes have played and still play a central role in the creation process and its reception. Be it a question of the attempt to create “schools”, in the sense not only of an educational structure, but mainly of artistic groups implanted in a region (the Alger school, the Tunis school, the Italian artists in Tunisia…) or on the other hand a constant de-territorialization, the result of exiles and migrations which have affected numerous individuals caught in the grip of history and its vicissitudes. A notable example of this is the way in which identities have been appropriated and reduced to common denominators such as “Arab”, “Jewish”, “pieds-noirs”, “Roumi”, “white” … – in all of these cases, the artists find themselves unable to escape an epithet which refers to their “origin” even if de-territorialization proves to be an important founding experience implying a new type of existence which nourishes to a great extent their artistic life. With the advent of contemporary art, the last international artistic scene has repeated this pattern. It has brought artists scattered by the diaspora or who experienced migration back to a “Maghreb” regionalism whose productions bear the cultural clues. The aesthetic criteria of artistic evaluation do not seem to affect these works, often also described using the label “postcolonial”. This double perspective will offer the chance to create continuity with earlier processes, such as orientalism which developed before colonization and easily metamorphosed into “colonial art”, a notion which was particularly developed in Italy during the period between the two World Wars. This can be seen in the Mostre internazionali d’Arte coloniale held in Rome (1931) and in Naples (1934) where an Algerian section, juxtaposing Western artists and native arts, was organized by Jean Alazard. There were some convergent points of view in the French and Italian colonial attitudes, despite ideological foundations which were quite different. The colonial art commissioned by the institutions, scholarships for study journeys, official décors, etc., represent a vast field of study which has as yet been little studied, and when it has been studied the readings offered have been too black-and-white or have been unable to avoid viewing these arts as anything other than a form of “propaganda”. It will be appropriate to continue the demystifying work already undertaken in Edward Said’s Orientalism, combining the analysis of aesthetic values and geopolitical readings. It is not only necessary but also appropriate to submit Said’s intellectual aims to a reading which analyses his subtext. The act of deconstructing our representations of the other does not necessarily mean that the other that we have “summoned up” actually exists. The system of art actually perpetuates this fiction. Why should this be so? We are here at the very heart of the representations that postcolonial thought and contemporary artists attempt “to exhibit”. These latter are often required to give the “original” expected note, consistent with the categories of identity which they tend to use in order to carry out their critical work. But this “strategic essentialism” also reveals its limits.

The third section brings together three fields of study which are closely intermeshed in a number of ways and which have more often been studied. These are architectural transfers, archaeological colonization, the “invention” and the usage of patrimonies. For example, an impressive series of works supervised by Ezio Godoli has served to illustrate the role played by Italian architects in all the countries on the eastern and southern shores of the Mediterranean. Likewise, research programmes organized by Euromed Heritage have studied Euro-Mediterranean heritage and other programmes organized by the IRMC have examined the links between patrimonialization and architectural creation… Debates on “arabisance” and the neo-Moresque, on the fantasy of a “Mediterranean” or “rationalist” architecture, on the utopian architecture of both architectural and urban projects in the colonies (especially the Italian projects), have privileged the question of identities and modernity… However, many archives have not yet been exploited and there are many architects, archaeologists or actors of the heritage sector who still need to be discovered or at least better known; thus research groups working in Tunisian, Algerian or Moroccan universities have been set up to investigate them, and doctorates have been or are currently being written on the Fine Arts Museum in Algiers, on the history of archaeology in the Maghreb region, on Prosper Ricard, who studied “native arts” in an area extending from Morocco to Libya, etc. Here, therefore, it seems that the post-colonial re-reading may base itself on important contributions whose approaches sometimes remain too essentialist, because of the identity and ideology related issues involved. For this reason, it is hoped that this section will propose the following directions: identifying the processes at work in the production of hybrid architectures (even before the period of colonization), reflections on the current impact of these studies on architects who have worked in a colonized area, the role of intermediaries at different periods, the exchange of knowledge and skills between colonial and national systems, the reinventions – one could even talk about politically correct recycling – of architecture built during the colonial period, the complicated role of colonial institutions in the patrimonialization process, the question of reappropriation after independence… It is true that these three domains – architecture, archaeology and patrimony, important for questions of identity – very quickly attracted the attention of the authorities responsible for each area, and this largely for obvious political and economic reasons. But their role remains central today as well, since they relate both to the reconstructed identities and to tourist stereotypes. Tourism first developed during the colonial period and weighs heavily on representations in each country since independence. The aim of these questions is to overturn approaches which are too often unidirectional and which insist on a pattern which can be summed up in centre/periphery. Secondly, it should be possible to cast some light on the implications which can be seen in architecture, in the studies of antiquity (ancient history, archaeology and epigraphy for which the contribution made by North-African documentation was essential), or the human sciences in general, in the definition of patrimonial objects.

The colloquium languages will be Arabic, English, French and Italian.

Proposals, including a title, should not exceed 3000 signs and also contain a short biography (not exceeding 350 signs); a proposal in Arabic should be accompanied by an abstract in French or English. The proposals for the three sections should be sent no later than July 15 2014 to:

colloques@ecoledulouvre.fr

A reply will be sent in late September

Coordination: Dominique Jarrassé

 

Call for papers

Riletture postcoloniali degli scambi artistici e culturali

tra Europa e Maghreb (Algeria, Francia, Italia, Marocco e Tunisia)XVIII-XXI secolo

Convegno internazionale organizzato da: Accademia di Francia a Roma -Villa Medici; Centre F.G. Pariset, Université Bordeaux-Montaigne; École française de Rome; École du Louvre, Parigi; Institut National d’Histoire de l’Art (INHA, Axe Mondialisation), Parigi; Institut de Recherches sur le Maghreb Contemporain (IRMC), Tunisi; Laboratoire d’Archéologie et d’Architecture Maghrébines, Université de la Manouba-Tunisi; Musée du Louvre (Département des Antiquités Grecques, Etrusques et Romaines; Département des Arts de l’Islam), Parigi.

Si svolgerà in tre sessioni: Parigi, 12-13 dicembre 2014; Roma, 9-10 aprile 2015; Tunisi,4-6 giugno 2015.

COMITATO ORGANIZZATORE

Éric de Chassey, direttore dell’Accademia di Francia a Roma -Villa Medici, professore di storia dell’arte contemporanea, École Normale Supérieure di Lione

Karima Dirèche, direttrice dell’IRMC, Tunisi, chargée de recherches, CNRS

Philippe Durey, direttore dell’École du Louvre, conservateur général du Patrimoine

Jean-Luc Martinez, direttore del Musée du Louvre, conservateur général du Patrimoine

Catherine Virlouvet, direttrice dell’École française de Rome, professore di storia antica, Université d’Aix-Marseille

Stéphane Bourdin, directeur des études per l’Antichità, École française de Rome, maître de conférences di storia antica, Université de Picardie

François Dumasy, directeur des études per le Età moderna e contemporanea, maître de conférences, Institut d’Études Politiques (IEP) d’Aix-Marseille

Dominique Jarrassé, professore di storia dell’arte contemporanea, Université Bordeaux-Montaigne, membro dell’Équipe de recherche dell’École duLouvre

Annick Lemoine, responsabile del dipartimento di storia dell’arte, Accademia diFrancia a Roma -Villa Medici, maître de conférences di storia dell’arte moderna, UniversitéRennes 2

Ahmed Saadaoui, professore di storia dell’architettura, Universitéde la Manouba

Sophie Saint-Amans, dottore di ricerca in storia, incaricata dell’amministrazione delle banche dati scientifiche presso il Dipartimento delle Antichità Greche, Etrusche e Romane, Museo del Louvre

COMITATO SCIENTIFICO

Badia Belabed-Sahraoui,architetto, professore presso l’Université de Constantine

Stéphane Bourdin, directeur des études per l’Antichità, École française de Rome, maître de conférences di storia antica, Université de Picardie

Éric de Chassey, direttore dell’Accademia di Francia a Roma –Villa Medici, professore di storia dell’arte contemporanea, École Normale Supérieure di Lione

François Dumasy, directeur des études perle Età moderna e contemporanea, École française de Rome, maître de conférences, Institut d’Études Politiques (IEP) d’Aix-Marseille

Benoît de L’Estoile, directeur de recherches presso il CNRS, Iris

Hannah Feldman, professoressa associata di storia dell’arte, Northwestern University

Ezio Godoli, professore di storia dell’architettura, Università di Firenze

Mohamed Sghir Janjar, directeur adjointde la Fondation du Roi Abdul AzizAl-Saoud pour lesÉtudes Islamiques et les Sciences Humaines, Casablanca

Dominique Jarrassé, professore di storia dell’arte contemporanea, Université Bordeaux-Montaigne,membro dell’Équipe de recherche dell’École du Louvre

Yannick Lintz, direttrice del Département des Arts de l’Islam, Musée du Louvre

Zahia Rahmani, consigliere scientifico presso l’INHA, Axe Mondialisation

Ahmed Saadaoui, professore di storia dell’architettura, Université de la Manouba, Tunisi

Daniel Sherman, professore, University of North Carolina, Chapel Hill

PRESENTAZIONE E SCOPI DEL CONVEGNO

Questo convegno, che riunisce specialisti provenienti dalle due sponde del Mediterraneo e da altre parti del mondo, si pone l’obiettivo di esaminare come si sono costruiti i rapporti culturali e artistici tra Francia, Italia e Maghreb in alcuni momenti cruciali della loro storia –prima della colonizzazione, durante il periodo coloniale e dopo le indipendenze –, badando tuttavia a situarsi nell’oggi, all’interno dell’eredità degli sguardi reciproci, degli scambi e delle rappresentazioni. Queste relazioni sisono certamente inscritte nell’arte, nell’architettura, nell’archeologia e nelle istituzioni culturali, quali per esempio i musei, tuttavia esse non riguardano solo la storia dell’arte o dell’archeologia, ma competono al più ampio campo delle scienze sociali: sociologia, antropologia, studi postcoloniali…

Queste situazioni devono essere riviste alla luce della riflessione postcoloniale e di una sistematica decostruzione dei punti di vista e dei saperi, oggi già ben avviata. Il primo obiettivo è dunque quello di prendere in considerazione le attuali relazioni e la gestione di un’eredità comune. Spesso esaminati come una relazione a senso unico, in termini di dominazione o di transfert di modelli da una metropoli verso le sue periferie, questi scambi sono stati in realtà molto più ricchi e complessi. Non si intende edulcorare il rapporto coloniale, ma esso va ricollocato in un tempo lungo e va mostrato come la stessa cultura europea si sia trasformata in ragione di questi stretti contatti, e come il contributodel «terreno» nord-africano abbia potuto influire sull’evoluzione delle scienze umane e sociali. Allo stesso modo, è opportuno analizzare come la cultura dei paesi del Maghreb sia stata modellata dalle occupazioni francese e italiana, attraverso gli spostamenti di popolazione, attraverso l’intreccio e l’evoluzione di comunità dotate di identità plurime e tuttavia di storie comuni. Questa regione del mondo, da una parte e dell’altra del Mediterraneo, presenta oggi agli osservatori una storia condivisa che deve essere riscritta.

La specificità dei vari interlocutori coinvolti nell’organizzazione e dei luoghi di incontro –Parigi, Roma e Tunisi –garantisce la pluralità degli approcci. L’impiego del termine «postcoloniale» nel titolo del convegno manifesta la volontà di confrontare anche questi temi con le ipotesi proposte da quest’area di pensiero, che fornisce fecondi spunti critici: una necessaria contestualizzazione di ogni riflessione nei dibattiti attuali, il superamento degli ostacoli dell’etnocentrismo e dell’orientalismo, la creazione di un dialogo autentico tra queste culture segnate in un senso o in un altro dall’esperienza coloniale. Nato dal rifiuto dell’essenzialismo inscritto nella relazione coloniale e coniugato alla necessità di ripensare i racconti lineari della modernizzazione degli «altri», questo progetto non mira tanto a un accumulo di nuove conoscenza, quanto piuttosto al «decentramento» dei nostri saperi.

La vitalità politica ed estetica di queste regioni, così come il cambiamento degli equilibri geopolitici, suggeriscono nuove dinamiche di ricerca.

ASSI TEMATICI

Il convegno Riletture postcoloniali degli scambi artistici e culturali tra Algeria, Francia, Italia, Marocco e Tunisia(XVIII-XXI secolo)si articola in tre temi, tre sessioni e tre luoghi, lungo un asse geografico che unisce le due sponde del Mediterraneo.

Nella sua prima sezione, il convegno si propone di esplorare tanto l’eredità dei musei coloniali quanto l’eredità coloniale dei musei.In altre parole, non si tratterà di esaminare su una sponda il Museo coloniale di Roma –la cui ultima incarnazione, l’Istituto italiano per l’Africa e l’Oriente (IsIAO), è stata liquidata di recente senza nessuna spiegazione –o il Musée du Quai Branly –sul quale, e solo su di lui, in ragione della storia delle sue collezioni, si vorrebbe far gravare la funzione di valvola di sfogo di un passato mal digerito –, e sull’altra i musei creati durante il periodo coloniale, come se essi non avessero legami tradi loro. Conviene mescolare i due ambiti e soprattutto estendere l’inchiesta a ogni genere di museo (dal Louvre al controverso museo della storia della Francia e dell’Algeria e al Musée des Civilisation de l’Europe et de la Méditerranée-MuCEM, la cui vocazione di ponte tra le due sponde è fortemente affermata), all’impatto della cultura coloniale e degli arricchimenti realizzati durante il periodo coloniale sulla loro concezione e sulle loro collezioni, e ancora all’attuale politica di questi musei nel campo delle relazioni con le vecchie colonie del Maghreb… Proprio perché gli scambi sono tuttora intensi. Senz’altro questa sezione centrata sulla storia dei musei e sulla museologia interseca quella che riguarda la colonizzazione archeologica e patrimoniale;i processi di spossessamentoe di appropriazione sono in azione sullo stesso piano e devono essere studiati insieme per essere comprensibili. Alla luce di un tempo lungo, sarà anche possibile apprezzare il ruolo dei primi collezionisti, in particolare nelMaghreb pre-coloniale(benché già in preda a forme di imperialismo occidentale), quali il Bey, il figlio del primo ministro Kaznadar o il console inglese Reade, nel caso della Tunisia. Si propone quindi di riesaminare il posto del Maghreb in musei nazionali specializzati, comeil Quai Branly e la sezione delle arti islamiche del Louvre, nelle collezioni archeologiche ed etnografiche italiane e francesi, ma anche nei musei maghrebini che accolgono collezioni di belle arti, archeologia, etnografia… Alcuni musei, in particolare inMarocco, sono stati creati per inquadrare o fornire modelli in vista di una «rigenerazione» delle arti dette indigene. Le modalità della raccolta e della classificazione degli oggetti musealizzati, l’impiego performativo delle categorie della storia dell’arte europea (archeologie romana, paleocristiana, «musulmana» –oggi sostituito con «islamica» –, arti e tradizioni «popolari», civiltà…) e di una antropologia segnata dal paradigma evoluzionista hanno creato delle gerarchie implicite… Bisogna ricordarsi che la nascita delle discipline dedicate a questi campi, e soprattutto la loro istituzionalizzazione, si è svolta nel contesto della crescita quindi dell’apogeo del colonialismo; queste interferenze hanno pesato gravemente, non solo sulla gerarchizzazione tra culture europee e maghrebine, ma anche nella stessa costituzione delle collezioni. Il contesto attuale, quello dell’era post-coloniale, invita a ripensare la qualificazione di questi oggetti e il funzionamento dei musei ereditati o rimodellati…

La seconda sezione è dedicata alle arti visive, secondo un approccio allo stesso tempo storico e contemporaneo. Essa riguarda le produzioni artistiche nel contesto coloniale e l’arte contemporanea nel suo legame con i paesi presi in considerazione. La sfida è quella di rivedere le nozioni di eredità e di essenzialismo proprie alle produzioni artistiche dette postcoloniali. Per ragioni legate alla semplificazione, alla comunicazione o a questioni economiche, è un fatto che sia le opere del passato che quelle contemporanee sono sempre esaminate nella loro relazione con le identità e la cultura delle comunità d’origine dei loro produttori. Tuttavia è ormai acquisito che l’identità coloniale non può essere definita una volta per tutte, e che anzi essa non smette mai diridefinirsi. Gli artisti ne hanno espresso l’esperienza secondo modalità creative molto varie. È d’obbligo constatare, sulla scia della svolta antropologica che oggi caratterizza il campo dell’arte, che il funzionamento e l’eredità di questi processi identitari hanno svolto e svolgono un ruolo centrale nel procedimento creativo e nel modo in cui esso è recepito.

Che si tratti del tentativo di creare delle «scuole», chiaramente intendendo il termine nel duplice senso di strutture di insegnamento, ma soprattutto di gruppi di artisti legati a un territorio (scuola di Algeri, scuola di Tunisi, artisti italiani di Tunisia…), oppure al contrario di un incessante sradicamento legato a esili e migrazioni che hanno riguardato un gran numero di individui stretti nella morsa della storia e delle sue vicissitudini –si pensi in particolare al modo in cui le identità sono state fissate e ridotte a denominatori comuni quali per esempio «arabo», «bianco», «ebreo», «pieds-noirs», «roumi» –, in un caso e nell’altro, gli artisti non hanno potuto sfuggire all’assegnazione «all’origine», mentre proprio lo sradicamento si rivela un’esperienza che origina un nuovo modo di esistenza il quale alimenta abbondantemente le loro pratiche. Nell’ambito dell’arte contemporanea, la più recente scena artistica internazionale ha reiterato questo schema, riportando gli artisti della diaspora o usciti dalla migrazione a un regionalismo «maghrebino» di cui le loro opere conterrebbero gli indizi culturali. I criteri estetici di giudizio artisticosembrano non riguardare queste opere, spesso anch’esse classificate sotto l’etichetta «postcoloniale».

La duplice prospettiva che qui si propone permette di stabilire continuità con processi più antichi, quale l’orientalismo, che non ha atteso la colonizzazione per svilupparsi e si è agevolmente mutato in «arte coloniale», concetto particolarmente elaborato in Italia tra le due guerre, come attestano le Mostre internazionali d’Arte coloniale di Roma (1931) e di Napoli (1934), mentre Jean Alazard organizzauna sezione algerina che riunisce artisti occidentali e arti indigene. Negli sguardi coloniali francese e italiano esistono delle convergenze, malgrado essi poggino su diversi fondamenti ideologici. L’arte coloniale commissionata dalle istituzioni, le borse di studio per viaggi, le scenografie ufficiali, ecc.: tutto questo rappresenta un campo di ricerca immenso, appena sfiorato da letture storiche talvolta riduttive nella loro visione binaria, o nella loro incapacità di guardare queste arti diversamente da mera «propaganda».

Conviene proseguire il procedimento demistificatorio dell’Orientalismodi Said, combinando analisi dei valori estetici e letture geopolitiche. E oggi è opportuno e necessario sottoporre l’intenzione di Edward Said a una lettura del sottotesto. Decostruire le rappresentazioni dell’altro non significa che l’altro «convocato» esista. Quanto a lui, il sistema dell’arte perpetua questa finzione. Perché? Ci troviamo qui al cuore delle rappresentazioni che il pensiero postcoloniale e gli artisti contemporanei tentano di «esporre». Da questi ultimi spesso ci si attende ancora l’espressione di una nota «originaria», in continuità con categorie identitarie da cui essi partono per svolgere un lavoro critico. Ma anche questo «essenzialismo strategico» mostra i suoi limiti.

La terza sezione associa tre campi di ricerca, dai numerosi intrecci, che sono anche quelli meglio esplorati: i transfert architettonici, la colonizzazione archeologica, l’«invenzione» e gli usi dei patrimoni, il contributo della documentazione nord-africana alla nascita delle discipline storiche (storia antica, archeologia, epigrafia). Un’impressionante serie di lavori, condotti sotto la direzione di Ezio Godoli, ha messo in luce il ruolo degli architetti italiani in tutti i paesi della costa orientale e meridionale del Mediterraneo; alcuni programmi di ricerca Euromed Heritage hanno indagato i patrimoni euro-mediterranei; l’IRMC ha condotto dei programmi sui legami tra patrimonializzazione e creazione architettonica… La questione delle identità e della modernità è stata privilegiata nei dibattiti sull’«arabisance» o sul neo-moresco, sul fantasma di una «architettura mediterranea» o «razionalista», sull’architettura utopica dei progetti architettonici e urbani nelle colonie, soprattutto italiane… Tuttavia restano da esplorare molti fondi d’archivio, così come restano da scoprire o da conoscere meglio figure di architetti, archeologi o altri attori nel settore del patrimonio; alcuni laboratori universitari tunisini, algerini e marocchini sono nati intorno a questi temi: sono state condotte o sono in corso ricerche a livello dottorale sul museo delle belle arti di Algeri, sulla storia dell’archeologia nel Maghreb, su Prosper Ricard, che ha studiato le «arti indigene» dal Marocco alla Libia, ecc. Sembra pertanto che qui la rilettura postcoloniale possa poggiare su lavori importanti, i cui procedimenti restano però talvolta troppo essenzialisti, in ragione degli investimenti identitari e ideologici che vi si inscrivono. Ne consegue che gli orientamenti auspicati per questa sezione sono: l’identificazione dei processi in opera nella produzione di architetture ibride (e questo sin da prima della colonizzazione); le riflessioni sull’impatto effettivo di questi studi sugli architetti che hanno lavorato in territori colonizzati; il ruolo degli intermediari nei vari periodi; la trasmissione di competenze tra sistemi coloniali e nazionali; le reinvenzioni –per non dire riciclaggi politicamente corretti –delle creazioni di epoca coloniale; il ruolo complesso delle istituzioni coloniali nella patrimonializzazione; la riappropriazione dopo le indipendenze… Se, molto rapidamente per evidenti ragioni politiche ed economiche, questi tre campi –architettura, archeologia e patrimonio, propizi all’espressione identitaria –sono stati oggetto dell’attenzione delle istanze gerenti questi territori, le funzioni che oggi sono loro assegnate restano centrali, poiché riguardano allo stesso tempo le identità ricostruite e gli stereotipi turistici. Il turismo, nato anch’esso in situazione coloniale, pesa in effetti molto sulle rappresentazioni, a seconda dei paesi, a partire dalle indipendenze. Tali interrogativi vorrebbero capovolgere gli approcci a senso unico che perpetuano uno schema centro/periferia e illuminare le implicazioni che si sono prodotte di ritorno nell’architettura, nei saperi accademici dell’archeologia e delle scienze umane in generale, nella qualificazione degli oggetti patrimoniali.

Le lingue del convegno saranno l’inglese, l’arabo, il francese e l’italiano.Le proposte dovranno prevedere un titolo e una breve illustrazione del contenuto (lunghezza massima pari a 3000 battute), così comeuna biografia di lunghezza massima pari a 350 battute; in caso di proposte in arabo, si allegherà anche un riassunto in francese o in inglese. Le proposte per le tre sessioni del convegnodovranno essere inviate, entro il 15 luglio 2014, a:

colloques@ecoledulouvre.fr

Una rispostasarà dataa fine settembrea tutte le proposte.

Coordinamento: Dominique Jarrassé.

Présentation de l’ouvrage Architectures de Guerre et de Paix : du modèle militaire antique à l’architecture civile moderne

Olga Medvedkova et Émilie d’Orgeix vous convient à la présentation de l’ouvrage Architectures de Guerre et de Paix : du modèle militaire antique à l’architecture civile moderne en présence de Laurence Bertrand-Dorléac (Sciences-Po Paris) à l’occasion du 3° Festival d’Histoire de l’Art.

Une table ronde aura lieu le samedi 31 mai 2014 de 12h00 à 13h30, dans le salon des fleurs du château de Fontainebleau http://festivaldelhistoiredelart.com/programmes/une-proposition-des-editions-mardaga/

Architectures de guerre et de paix  

Architectures de guerre et de paix – Du modèle militaire antique à l’architecture civile moderne
Sous la direction d’Olga Medvedkova (CNRS, centre André Chastel) et d’Émilie d’Orgeix (Université Michel de Montaigne – Bordeaux 3).

Ancrées dans un héritage antique commun, architecture civile et architecture militaire ont cohabité pendant des siècles, chacune puisant librement dans le répertoire de l’autre. Ce n’est que depuis le XIXe siècle, qu’on les étudie individuellement comme si elles appartenaient à des cultures différentes que rien ne liait entre elles. Franchissant ces limites disciplinaires et croisant les  “thèmes” militaires et civils à travers leurs fondements antiques, l’ouvrage aujourd’hui présenté, « Architectures de guerre et de paix », traite de manière souvent paradoxale ce sujet rarement abordé en histoire de l’architecture et pourtant central pour la culture architecturale européenne.

Lien vers l’article précédemment publié : http://pariset.hypotheses.org/254
Télécharger l’avis de publication – pdf

 

Appel à communication – Investigating “lateness” in Early Modern Art and Architecture

61st Annual Meeting of the Renaissance Society of America – Berlin, 26-28 March, 2015

Investigating “lateness” in Early Modern Art and Architecture

This panel seeks to engage with notions of lateness and what constitutes lateness in the artistic and architectural production of the early modern period. What does it mean for something to be late? How has the concept of lateness been applied to art and architecture during the early modern period, and in what ways has modern scholarship adhered to progress models of stylistic change that presuppose a nascent, fully-realized, and late style in art? How do we explain ‘medieval’ artistic forms that persist well into the seventeenth century and pose problems to existing periodizations?

We invite papers that address the concept of lateness across different media, and a broad geographical range in the early modern period. Papers could explore topics such as:

•The persistence of enduring and/or conservative styles in art or architecture

•“Mature style” – perceived differences in artworks created late in an artist’s life versus those created earlier in his or her oeuvre

•Artworks that received recognition and praise long after their creation

•Examinations of existing periodizations

•“Hybridity” and eclectic styles in art and architecture

•Renaissance Gothic

Please submit an abstract (no more than 150 words), along with a title and keywords, as well as a brief CV to Jennifer Gear ( gearj@umich.edu ) by Monday, 2 June 2014.

Co-organizers: Jennifer Gear and Alice Isabella Sullivan, Department of the History of Art, University of Michigan, Ann Arbor

more information :
http://www.rsa.org/?page=2015Berlin

Avis de soutenance de thèse de Xuehui ZHANG le 19 mai – Peinture et philosophie dans la Chine du XVIIIè siècle des Mings : Shi Tao et Zhu Da

Mme Xuehui Zhang présente ses travaux en soutenance le : 19 mai 2014 à 14h00

Université Bordeaux Montaigne – Salle des thèses – Bâtiment Accueil 2ème étage

En vue de l’obtention du diplôme : Doctorat Histoire de l’art

La soutenance est publique.

Titre des travaux : Peinture et philosophie dans le Chine du XVIIe siècle des Mings : Shi Tao et Zhu Da

Ecole doctorale : Montaigne-Humanités

Formation doctorale : DEA Histoire, économie et art, des origines des temps modernes aux temps présents

Section CNU : 22 – Histoire/civilisations : mondes modernes

Unité de recherche : Equipe d’accueil et de recherche en Histoire de l’Art

Directeur : M. Christian Taillard, Professeur émérite

Membres du Jury :

M. Philippe Loupes, Professeur émérite, Université Bordeaux Montaigne

M. Jean-Pierre Poussou, Professeur émérite, Université Paris IV Paris-Sorbonne

Mme Hélène Rousteau-Chambon, Professeur des Universités, Université Nantes

M. Christian Taillard, Professeur émérite, Université Bordeaux Montaigne

 

Résumé de la thèse :

Au XVIIe siècle, la Chine connaît une période d’effervescence intellectuelle extraordinaire, de transformations économiques et sociales, mais également de grands bouleversements politiques: en 1644, l’ancienne dynastie des Ming est renversée par les Mandchous, qui fondent la nouvelle dynastie des Qing (1644-1911).

Sous les dynasties Ming et Qing, l’organisation du pouvoir dans la société chinoise reste certes de type féodal mais, dés le milieu de l’époque Ming, les choses bougent : les bases d’une société capitaliste sont établies, les centres urbains se vouent au commerce, l’artisanat prend de l’ampleur, une économie matérielle et une société de plus en plus hierarchisée se développent, faisant naître une demande croissante de biens culturels.

Les Quatre bonzes vivaient à la fin de la dynastie Ming et du début de la dynastie Qing. Ils ont connu la chute de la dynastie Ming. Dans les bouleversements sociaux qui ont suivi la prise du pouvoir par les Mandchous, un certain nombre de peintres ont continué à prêter allégeance à la dynastie déchue des Ming. Par leurs poèmes et peintures, ils exprimaient leur opposition à la domination des Mandchous et leur attitude de non collaboration avec l’occupant. Beaucoup d’entre eux se sont faits bonzes afin de fuir un monde hostile.

Ces bonzes les plus remarquables étaient les peintres Hong Ren, Kun Can, Shitao et Zhu Da. Soit en tant membre de la famille impériale de la dynastie Ming, soit en tant que partisan de la dynastie précédente, ils ne voulaient pas suivre le gouvernant de la dynastie Qing; donc, ils ont créé un nouveau style anti-orthodoxe en soulignant l’expression de la personnalité.

Shi Tao, artiste aux talents très variés, autant de poésies et d’essais, se penche aussi sur la peinture et la calligraphie. Ses peintures sont d’une valeur exceptionnelles, qu’il s’agisse de paysages des monts et des fleuves ou de plantes (Chlorophytums et bambous). Même si elles se souviennent des points forts des ancêtres de toutes les générations historiques, ses peintures de paysage ne se limitent pas à la tradition orthodoxe de telle école ou courant. Il est à la fois héritier de techniques traditionnelles parfaitement assimilées et précurseur de la peinture aquatique de sa génération. La nature,qui constitue l’inspiration principale de ses œuvres, lui fournit des sources pour perfectionner et diversifier sa technique de création picturale.

Shi Tao s’est opposé aux conventions routinières et a préconisé le développement de la personnalité. Cette opinion était originale à son époque. Il ne suit pas les règles traditionnelles de la peinture quand il décrit des éléments de la nature, comme les oiseaux et les fleurs, les chlorophytums et les bambous. Sa peinture émane du fond de son cœur. Sa manière de faire couler les encres et d’utiliser le pinceau varie selon son intérêt ou ses besoins. C’est là son originalité.

Sa vie est donc marquée par une contradiction entre le rêve et la réalité. Il a envie d’accomplir ses ambitions politiques en raison de son origine impériale, et pourtant, en tant qu’artiste, il tend à s’éloigner des hommes politiques.

La pensée philosophique de Shi Tao se présente, d’une manière implicite, dans toutes les formes de sa peinture. Mais pour ce qui est de son expression explicite, ses idées apparaissent le plus souvent dans la postface ou la préface de ses tableaux. Cette réflexion, de plus, est structurée sous la forme d’un système cohérent avec un concept original.

Dans « Propos sur la peinture du moine citrouille-amère » il témoigne de la haute idée qu’il se fait du geste de peindre. Il fonde sa pensée hors du temps, au delà des œuvres et des écoles et s’inscrit dans une longue tradition tout en exprimant par écrit une volonté d’invention formelle et d’expression personnelle qui ouvre la voie à la modernité.

Le fief de la famille de ZHU Da (1626-1705) avait été à Nanchang sous les Ming, Nanchang a été considéré à ce titre comme son lieu d’origine. Après l’extinction de la dynastie Ming, ZHU Da est d’abord devenu moine, et puis prêtre. Quand il était dans le Temple Jianqingyunpu de Nanchang, il a fait le sourd et le muet en collant le mot « muet » sur la porte, et en ne communiquant avec les autres que par signes.

La peinture de Zhu Da, pâle et austère, simple et distante, semble vraiment à l’image de son âme. Il a connu la douleur de la ruine du pays, sans aucun autre centre d’intérêt que les paysages, sans aucun autre moyen de s’évader que l’alcool et la poésie, n’ayant pour amis que des paysans et les vagabonds. De sa moralité irréprochable, le pinceau, l’encre créent naturellement l’idéal; mais ses sentiments profonds se cachent aussi  en dehors du pinceau et de l’encre.

Les poissons, les merles huppés de Chine, les canards et les chats peints par lui étaient tous récalcitrants, la tête haute. Leurs yeux sont excessivement ouverts, les prunelles, noires et grandes, sont dans le coins de l’oeil, ce qui leur donne l’air de mépriser toutes choses.

Son style très varié, mais aussi très rythmique, mis en parfaite harmonie avec la nature raffinée, est le résultat de la combinaison naturelle d’une recherche inlassable menée toute sa vie durant et de la combinaison de son inspiration et de sa dextérité. C’est cette originalité de Ba Da Shan Ren qui le rend unique et irremplaçable dans l’histoire de la peinture classique chinoise. Chez lui, le noir a différentes expressions et sensibilités, la couleur noire peut par elle-même, rendre les nuances d’intensité, les reliefs par les degrés de tons du gris dilué au noir profond. C’est un langage particulier exprimé par l’encre, sa dilution et sa concentration.

Il connut une vie mouvementée et nous laissa une œuvre abontante. Ses propos créatifs sur la peinture ont exercé et exercent encore une influence profonde sur la postérité. Depuis plusieurs siècle, les recherches sur ce grand peintre et l’assimilation de ses techniques sont aussi poussées que profondes. Malgré la spécificité de chacun des nombreux commentaires, l’avis général est que les virages de sa vie représentent les caractéristiques de son art et le style de sa création, et traduisent l’essence de ses oeuvres peintes.

Les vies de SHI Tao et ZHU Da sont remplies par les turbulences, de grands bouleversements et une riche variété d’expériences lourdes. Cette pression là, les pousse à s’éloigner de la tradition artistique classique, en exprimant, chacun à sa façon, la tristesse, la joie, ou l’excitation.

 

 

Journées d’études internationales : Jeux et enjeux du cadre dans les systèmes décoratifs à l’époque moderne | Paris, 9-10 mai 2014

Journées d’études internationales 

Paris, 9-10 mai 2014

Affiche jpg

Centre d’histoire de l’art de la Renaissance
HiCSA, Université Paris I Panthéon-Sorbonne
Centre de recherches François-Georges Pariset
Université Bordeaux Montaigne
Groupe d’analyse culturelle de la première modernité
Université catholique de Louvain

Pouvant être considérés comme de véritables systèmes, les décors modernes s’imposent comme un phénomène propre de la pratique artistique, qu’il convient d’étudier comme tel. Le décor atteint en effet entre les XVe et XVIIIe siècles un degré d’élaboration et de complexité tout particulier, multipliant les dispositifs de présentation du discours visuel tout en intégrant les contraintes spatiales imposées par ses supports.

Ces journées d’études entendent appréhender l’originalité de ce phénomène à travers la question du cadre. Souvent laissé à la marge des études sur le décor, le cadre en constitue pourtant l’une des dimensions essentielles, qui en conditionne non seulement les modes de perception mais permet aussi d’en comprendre les mécanismes de fonctionnement. En effet, si les systèmes décoratifs sont par excellence, à l’époque moderne, le lieu d’une expérimentation des frontières entre l’espace réel et celui de la représentation, c’est notamment à travers des jeux d’encadrement subtils et variés, que nous aurons à cœur d’explorer au cours de cette rencontre.


Comité organisateur : Nicolas Cordon, Édouard Degans, Elli Doulkaridou, Caroline Heering

Comité scientifique : Pascal Bertrand, Nicolas Cordon, Édouard Degans, Ralph Dekoninck, Elli Doulkaridou, Caroline Heering, Philippe Morel, Victor Stoichita

Institut national d’histoire de l’art
Galerie Colbert – 2, rue Vivienne – 75002 Paris

Programme :


Vendredi 9 mai
Institut national d’histoire de l’art, Salle Jullian


10h00 – Accueil des participants

10h15 – Ouverture des journées d’études par Philippe Morel (Université Paris I Panthéon-Sorbonne)

10h30 – Introduction et présentation des journées d’études par Nicolas Cordon, Édouard Degans, Elli Doulkaridou et Caroline Heering


Autonomie du cadre
Président de séance : Pascal Bertrand (Université Bordeaux Montaigne)11h00

11h00 – Caroline Heering (UCL)
Un ornement mobile et détachable : le cartouche dans les systèmes décoratifs modernes

11h20 – Laurent Paya (CESR, Tours)
Les « Compartiments » et « Bordures » des jardins maniéristes : dynamiques ornementales et glissements métonymiques

11h40 – Vincent Dorothée (Université Paris I Panthéon-Sorbonne)
La Pompe funèbre de Charles III ou les mensonges du cadre

12h00 – Discussion

12h30 – Déjeuner


Encadrer l’écrit
Président de séance : Agnès Guiderdoni (FNRS UCL)

14h00 – Marina Vidas (The Royal Library, Copenhagen)
Framing strategies in three Italian fifteenth-century illuminated manuscripts

14h20 – Elli Doulkaridou (Université Paris I Panthéon-Sorbonne/INHA)
Dans la marge, à travers le cadre et au-delà : dispositifs d’encadrement dans les manuscrits enluminés romains, de Léon X à Paul III

14h40 – Discussion

15h10 – Pause

15h40 – Annelyse Lemmens (FNRS UCL)
Le frontispice comme encadrement : statuts et fonctions d’un système décoratif (Anvers, XVIe-XVIIe siècles)

16h00 Gwendoline de Mûelenaere (FNRS UCL)
Les encadrements gravés des affiches de thèse dans le décor des soutenances publiques (XVIIe-XVIIIe siècles)

16h20 – Discussion


Samedi 10 mai
Institut national d’histoire de l’art, Salle Jullian


Perméabilité et transgression du cadre
Président de séance : Philippe Morel (Université Paris I Panthéon-Sorbonne)

09h30 – Édouard Degans (Université Bordeaux Montaigne/Università degli Studi di Firenze)
Portes, cadres, ornements et figures feintes dans les systèmes décoratifs maniéristes

09h50 – Kristen Adams (Ohio State University)
Tapestries Real and Feigned: Framing Devices in Rubens’s Triumph of the Eucharist Series

10h10 – Discussion

10h40 – Pause

11h00 Sandra Bazin (Université Paris IV Sorbonne)
Des « tableaux mouvants » : rôles et enjeux de l’encadrement des miroirs dans la mise en scène des grands décors aristocratiques en Europe (XVIIe-XVIIIe
siècles)

11h40 – Lauren Cannady (Centre allemand d’Histoire de l’art)
Framing nature: rococo decoration for a cabinet de curiosités.

12h00 – Discussion

12h30 – Déjeuner


Cadre, mur et relief
Président de séance : Ralph Dekoninck (UCL)

14h00 – Nicolas Cordon (Université Paris I Panthéon-Sorbonne)
L’Ignudo de Michel Ange et sa version de stuc : le cadre comme attribut

14h20 – Émilie Passignat (Université de Pise)
La sculpture encadrée : observations sur l’encadrement dans les ensembles sculptés aux
XVIe et XVIIe siècles

14h40 – Discussion

15h10 – Pause

15h40 – Catherine Titeux (École Nationale supérieure d’Architecture de Montpellier)
Cadres et encadrements dans l’architecture française des XVI et XVII siècles

16h – Discussion

16h20 – Remarques conclusives

Télécharger le programme (PDF)

Captures-décran4

Appel à contribution : Jardins, paysages et sociétés dans l’océan Indien. Deuxièmes Entretiens du Patrimoine de l’océan Indien 29 septembre – 1er octobre 2014 Saint-Denis, La Réunion

Organisé par la Direction des affaires culturelles – océan Indien, l’Institut
national du patrimoine, le Rectorat de l’académie de La Réunion et l’École
supérieure d’architecture de Montpellier, antenne du Port (La Réunion)

Le colloque organisé, en 1994, par la Maison française du meuble créole « Les jardins, organisation de l’espace et construction du paysage » et les premiers Entretiens du patrimoine de l’océan Indien, en 2011, ont affirmé l’idée que « le pourtour de l’océan Indien résonne de correspondance architecturales et urbaines ». En 2014, le fil conducteur des deuxièmes Entretiens du Patrimoine de l’océan Indien est, au travers des jardins et des paysages, la poursuite du questionnement sur ces correspondances et sur les manières d’habiter les territoires par ses sociétés parentes tout autant que différentes en grande mutation ; il s’agit de les interroger aussi bien du point de vue de la transmission que de la création.

Cette manifestation devra respecter un juste équilibre pour le choix des intervenants de la zone géographique indiano-océanique autour des trois objectifs suivants :

• faire le point sur la politique des jardins et la question du paysage dans le contexte régional où territoires et sociétés sont en mutation accélérée,
• créer un réseau des jardins botaniques dans l’océan Indien,
• lancer les premiers jalons d’une route des jardins.

Axe 1 : Le paysage à La Réunion et dans l’océan Indien

– Les spécificités des climats et l’évolution des systèmes climatiques
– Quelles sont les particularités du paysage à La Réunion et dans l’océan Indien ?
– Comment s’est-il transformé depuis l’époque coloniale et les différents apports culturels ?
– Quel apport de l’archéologie à la connaissance des paysages ?
– Quelle est la part d’endémisme dans le patrimoine naturel de La Réunion, voire à l’échelle des Mascareignes et de l’océan Indien ? Cette notion peut-elle s’appliquer aux représentations culturelles de leurs paysages et de leurs identités sociales ?
– Quelle est la conséquence de la création du parc national et son inscription au patrimoine mondial dans la politique paysagère et patrimoniale de l’île ?
– Comment la dimension culturelle de la biodiversité (par exemple : savoirs « vernaculaires » de la nature, pharmacopées traditionnelles, imaginaires des plantes, des animaux et des écosystèmes, etc.) peut-elle être prise en compte ?
– La pratique du jardin dans l’aire indiano-océanique

Axe 2 : Le paysage et les jardins : un outil pour penser ensemble l ’écologique, le social et le culturel

– Comment les paysages et les manières d’habiter vont-ils poursuivre leur évolution ? Le regard de l’ethno-botaniste.
– Quelle sera la part de création nécessaire à la réinvention de paysages et à l’émergence de nouveaux jardins ?
– Comment envisager de conserver les usages sociaux de ces territoires en voie de mutation ?
– Où sont les traces et les sources de ces mutations ? Comment conserver la mémoire de la
transformation du paysage et aborder ainsi celle des sociétés qui l’ont élaboré ?
– Nature et patrimoine de l’océan Indien : « culture du risque » et risque pour le patrimoine culturel
– Y-a-t-il des spécificités de l’économie du paysage dans l’aire indiano-océanique ?

Axe 3 : La valorisation du patrimoine naturel et culturel

– Quels sont les outils de protection et de conservation ? Sont-ils adaptés aux enjeux identifiés?
– Bref inventaire et état des lieux des types de patrimoine et des diverses protections sur l’ensemble de la zone
– Comment conjuguer protection et évolution ?
– Pour une route des jardins et un réseau des jardins botaniques

o Comment la création de jardins dans un réseau de collecte de plantes médicinales pourra-telle participer à la conservation de la médecine traditionnelle ?
o Comment les fonctions du paysage et des jardins, qu’elles soient économiques, culturelles ou encore religieuses, pourront-elles perdurer et se transformer ?


Les propositions de contribution sont à envoyer conjointement à :

• Marc Nouschi : marc.nouschi@culture.gouv.fr
• Gennaro Toscano : gennaro.toscano@inp.fr

Les propositions de contribution seront envoyées, en français et en anglais, avant le 30 avril 2014 aux personnes mentionnées ci-dessus. Elles comprendront :

• Un intitulé,
• Un texte de 1500 signes,
• Les coordonnées de l’auteur ainsi que l’institution de rattachement.

Les actes du colloque seront publiés par l’École supérieure d’architecture de Montpellier.

Lieu de la tenue du colloque :
Saint-Denis, La Réunion

Déroulement du colloque :
lundi 29 septembre au mercredi 1er octobre 2014

Comité scientifique :
– Anouk Bassier, adjointe au directeur des études du département des conservateurs, chargée de la formation permanente, Institut national du patrimoine
– Serge Briffaud, directeur, CEPAGE – Centre de recherche sur l’histoire et la culture du paysage, Bordeaux
– Hervé Brunon, historien des jardins et du paysage, chercheur au CNRS, Centre André Chastel (UMR 8150), Paris Sorbonne
– Olivier Damée, architecte paysagiste, Paris
– Emmanuel Etienne, adjoint au sous-directeur des monuments historiques et des espaces protégés, service du patrimoine, ministère de la culture et de la communication
– Laurent Heulot, directeur de l’École nationale supérieure d’architecture de Montpellier (ENSAM)
– Vincent Lefévre, sous-directeur des collections, service des musées de France, ministère de la culture et de la communication
– Isabelle Maréchal, chef du service du patrimoine, ministère de la culture et de la communication
– Monique Mosser, historienne de l’art, de l’architecture et des jardins, ingénieur honoraire au CNRS
– Marc Nouschi, directeur, direction des affaires cultuelles – océan Indien
– Gennaro Toscano, directeur des études du département des conservateurs, directeur de la recherche et des relations scientifiques, Institut national du patrimoine

Suivi du comité scientifique :
– Sarah Lubineau, chargée des manifestations culturelles et scientifiques, Inp : sarah.lubineau@inp.fr

Télécharger l’Appel à Contribution
Download the Call for Paper

APPEL A COMMUNICATIONS – FORTIFIER LA MONTAGNE (XVIIIe – XXe SIECLES) : HISTOIRE, RECONVERSION ET NOUVELLES PERSPECTIVES DE MISE EN VALEUR DU PATRIMOINE MILITAIRE DE MONTAGNE


Colloque international sous la direction scientifique d’Émilie d’Orgeix (Bordeaux Montaigne, EA538-Centre FG Pariset) et de Nicolas Meynen (Toulouse II–Le Mirail, FRAMESPA/UMR5136 CNRS), en partenariat avec l’association Valoriser les Patrimoines Militaires.

Jeudi 13 et vendredi 14 novembre 2014
Maison de la Recherche, Université de Toulouse II – Le Mirail

Argumentaire

Le patrimoine militaire constitue encore un champ d’étude largement en friche. Bien que les travaux se soient multipliés depuis quelques décennies, force est de constater que la définition, la connaissance et la mise en œuvre de pratiques architecturales et urbaines restent rares pour des objets patrimoniaux, dont la singularité, la pluralité, voire la sérialité, sont souvent confondantes. Si historiens et architectes du patrimoine ont abordé le sujet, ils l’ont généralement fait de manière contextuelle, privilégiant la multiplication d’histoires, de technicités locales et de questionnements ponctuels. Cette veine essentiellement historique et régionaliste, bien qu’elle ait activement participé de la constitution d’un paysage architectural militaire national, ne saurait assurer à elle seule la pérennité des recherches dans le domaine.

fortif montagne

Ce constat est à la source du présent programme de recherche commencé en 2012. Fruit d’une collaboration envisagée sur le long terme entre les universités de Toulouse II Le Mirail (Nicolas Meynen) et de Bordeaux Montaigne (Emilie d’Orgeix), il invite à opérer un renouvellement des problématiques liées au patrimoine militaire en croisant pratiques historiennes et architecturales. Conçu sous la forme de rencontres biennales publiées dans une série dédiée de la collection Architectures des Presses Universitaires du Mirail, il engage à l’étude de l’architecture militaire, non pas envisagée comme une sédimentation d’isolats et d’expériences « micro-territoriales », mais selon une double approche topographique et typologique. Ce parti pris permet d’éclairer les articulations fécondes qui unissent terrain et formes architecturales de manière diachronique tout en étudiant des territoires larges, rarement connectés.

S’inscrivant dans la continuité de premières rencontres consacrées en décembre 2012 au petit patrimoine militaire maritime (Battre le littoral. Histoire, reconversion et nouvelles perspectives de mise en valeur du petit patrimoine militaire maritime, 15 et 16 novembre 2012, Bordeaux, auditorium du Musée d’Aquitaine. Actes annoncés à paraître aux PUM au printemps 2014), ce deuxième appel à communications a pour ambition d’explorer la spécificité de la fortification de montagne si fortement marquée, tant sémantiquement (escarpes, défilés, lignes de crête) que structurellement (forts d’appui, d’arrêts, positions d’interdiction, casemates Mougin, cuirassement Séré de Rivières), par des paradigmes de terrain et de formes.

Les différentes interventions présentées durant ces journées s’inscriront dans les thématiques suivantes :

1. L’intelligence du territoire

Quelle connaissance avons-nous de la conduite des opérations militaires en montagne (Pyrénées, Alpes, Jura, Vosges) et des types de documents servant à son intelligence ? Comment l’anatomie de la montagne, à laquelle les ingénieurs du génie faisaient référence au XVIIIe siècle (notamment les levés de terrain) s’est-elle exprimée ? Quelle est la part de l’écrit (mémoires, rapports, visites) dans la documentation spécifiquement liée à la montagne ? Et de manière plus spécifique, peut-on définir des moments de rupture et de renouvellement marqués par la mise en place de nouvelles techniques de représentations (plans-reliefs, plan à courbes de niveau équidistantes, photogrammétrie)


2. Construire en altitude : adaptation et invention formelles et techniques

Constructions sous roc ou enracinées sur la falaise, passages souterrains, galeries à flanc de falaise, abris sous-roche, grottes casematées dans le rocher…, la construction en milieu contraint a conduit à déployer pleinement les inventions techniques en montagne. L’occupation de mêmes sites pendant plusieurs générations, la reprise de constructions existantes peut-être plus que partout ailleurs, ont conduit à adapter les plans et à innover techniquement et formellement. Peut-on parler de modèle fortifié montagnard ? En montagne, la rareté fait-elle exception ? De même, la question des matériaux (acheminement, disponibilité, résistance au climat) se pose de manière particulière : utilisation de circuits courts (marbre vert de Serennes pour le fort de Tournoux, par exemple), adaptation des cuirassements, réflexion sur l’utilisation du béton, de sa composition et de son armement …

fortif montagne2

3. Camoufler et intégrer la nature

En haute montagne, le terrain tout autant que la végétation participent naturellement à l’intégration des constructions dans le paysage. Pour autant, le camouflage, décor artificiel, a pu marquer certains ouvrages : l’artillerie « Bison » prenant l’aspect de faux-rocher, une batterie « coiffée » d’un pseudo chalet en bois dans un style régional,… On s’attachera non seulement à comprendre les raisons de dissimuler, mais aussi à montrer l’inventivité pour ainsi dire artistique déployée par les ingénieurs militaires pour fondre ces ouvrages dans ce territoire dur.


4. Un réseau défensif mais pas seulement…

En montagne où le terrain est par nature difficile aux opérations de siège, les forts se couvrent mutuellement en ligne de crête pour contrôler des passages et défendre les places-fortes en contrebas (Colmar-Les-Alpes, Guillaume, Mont-Louis,…). De nombreux ouvrages annexes (redoutes, batteries,…) permettent de compléter le système là où les vues échappent aux forts. La montagne s’équipe par ailleurs de places-fortes, de casernes, d’hôpitaux militaires de proximité, d’établissements thermaux réservés aux malades (Cauterets par exemple).

 fortif montagne3

5. Conserver et mettre en valeur

Ce dernier volet s’attachera à dresser un état des expériences récentes menées en matière de restauration et de mise en valeur des ouvrages dont la difficulté d’accès et la dureté du climat ont pu freiner leur prise en compte patrimoniale. En outre, en raison de sa faible densité d’habitants, la haute montagne peut être oubliée de la question primordiale de l’aménagement durable du territoire. Dès lors, la pérennisation des ouvrages et, d’une manière plus complexe, le maintien de la trace, directement, sont-ils fragilisés ? Des sentiers de montagnes existent pourtant mais ne relèvent-ils pas d’abord d’une approche « nature » ?

Les propositions de communication (1 page maximum, bibliographie comprise) devront être envoyées avant le 25 avril 2014 conjointement à Nicolas Meynen (nicolas.meynen@univ-tlse2.fr ) et à Emilie d’Orgeix (emilie.dorgeix@u-bordeaux3.fr).

Pour plus d’informations, vous pouvez les contacter.

Bibliographie sélective :

SOURCES

-BOURCET Pierre Joseph (de), Principes de la guerre de montagnes, Paris, Imprimerie Nationale, 1888.
-DARDE (commandant), Étude sur la guerre de montagne d’après les enseignements de la campagne d’Orient, Ministère de la Guerre – Etat-Major de l’armée, Imprimerie nationale, 1921
-DELABORDE Pierre, Réflexion sur la géographie militaire des Alpes françaises, Recueil des travaux de l’institut de géographie alpine, Vol.3, 1915, p.425-431.
-SANDIER Jean-Marie, capitaine du génie, De l’attaque et de la défense des positions d’arrêt situées en pays moyennement accidenté et en pays de montagne, Paris / Nancy, Berger-Levrault et Cie éditeurs, 1894.
TOUZAC (M.), Traité de la défense intérieure et extérieure des redoutes avec les méthodes de les construire tant en plaine qu’au sommet et au pied des montagnes, enfin entre le sommet et le pied des montagnes et dans les vallons, Paris, Claude Hérissant, 1762.

 OUVRAGES

 –CULMAN (général F.), La Fortification permanente aux frontières, Charles-Lavauzelle & Cie, Paris, 1931.
-DARDE (commandant), Étude sur la guerre de montagne d’après les enseignements de la campagne d’Orient, ministère de la Guerre – état-major de l’armée, Imprimerie nationale, 1921.
-GARIGLIO (D.) et MINOLA (M.), Le fortezze delle Alpi occidentali, L’Arciere, Cuneo, 1994.
-ORTHOLAN (colonel H.), Le général Séré de Rivières, Bernard Giovanangeli, Paris, 2003.
-ROCOLLE (colonel P.), Deux mille ans de fortification française, Charles-Lavauzelle, Paris, 1973.
-TRUTTMANN (lieutenant-colonel P.), La Barrière de Fer, Gérard Klopp, Thionville, 2000, p.421 et 531.
-TRUTTMANN (capitaine), « Les fortifications alpines de 1888 à 1940 », Revue historique des armées, n°1/1988, p.39-45.
-TRUTTMANN (lieutenant-colonel. P.), La Muraille de France, ou la Ligne Maginot, Gérard Klopp, Thionville, 1985.
-VILLATE (R.), Les conditions géographiques de la guerre, Paris, Payot, 1925.

télécharger l’appel à communications

 

 

Appel à contribution aux étudiants inscrits en doctorat à l’Université Bordeaux 3 – Exogenèses : La production d’objets-frontières dans l’art En Europe depuis 1500

Date : jeudi 17 avril 2014 
Horaire : 11h00 -18h00
Localisation : CAPC (Centre d’Arts Plastiques Contemporains de Bordeaux)  –  7 rue Ferrère 33000 Bordeaux
Organisatrice :  Sabine.Du-Crest@u-bordeaux3.fr 

Dans le cadre du programme ANR Exogenèses ce SID propose de réfléchir sur le concept « d’objets-frontières », ces objets nés de l’ exogenèse, c’est-à-dire du contact avec des matériaux, des techniques, des formes, des connaissances ou des objets venus des antipodes. Le propos se situe au croisement de l’histoire interconnectée, des transferts culturels et de la culture matérielle. 

De tels objets ainsi définis et conçus en Europe continuent le lien entre Nous et les Autres (T. Todorov, Nous et les autres. La réflexion française sur la diversité humaine, Éditions du Seuil, 1989) depuis le 16e siècle où la connaissance des quatre continents est acquise. Si l’histoire des objets est un domaine habituel de l’historiographie de l’art, le point de vue adopté utilisant les méthodes les plus actuelles des anthropologues sur les objets, concentrateurs de sens, et les appliquant à l’étude de l’Europe entendue comme terrain de rencontre est novateur puisque ce sont les phénomènes de métabolisme qui sont analysés. Ainsi la discipline de l’histoire de l’art est elle-même poussée vers ses frontières. À travers l’étude des usages de tels objets l’histoire même de la construction de l’identité européenne par le dialogue avec les Autres peut être saisie. L’objet est un porteur encore insuffisamment étudié en tant que tel de l’histoire interconnectée économique, politique ou sociale, même s’il est parfois intégré dans un discours historique ou artistique. A fortiori, l’objet produit par un rapport avec un objet extra-européen a été encore peu souvent placé au centre de la réflexion. 
La fabrication du sens des objets par le contexte, l’ambivalence des objets (M. Jeudy-Ballini-B. Derlon, La passion de l’art primitif. Enquête sur les collectionneurs, Gallimard, 2008) sont des questions centrales. Un « objet-frontière» type étudié récemment a été vu comme un « reliquaire d’un genre nouveau »: le nautile des mers du Sud du Pacifique monté par les orfèvres allemands à la fin du XVIe siècle (S. du Crest, ”Des reliquaires d’un genre nouveau”, Cannibalismes disciplinaires. Quand l’histoire de l’art et l’anthropologie se rencontrent, Th. Dufrêne et A. Ch. Taylor, éds., Musée du Quai Branly-INHA, 2009 pp. 325-334). Le goût, l’imitation, la stimulation, l’hybridation sont des étapes essentielles du processus d’acculturation (R. Labrusse, Islamophilies. L’Europe moderne et les arts de l’Islam, Somogy, 2011). Appuyé sur l’analyse de la contextualisation de ces objets, la réflexion s’attache aux causes et aux conséquences de la production des « objets-frontières » qui gardent de leurs origines la trace de l’exogenèse. Le rapport à l’Autre jouant entre fascination et répulsion est rendu visible dans le rapport entretenu avec ces objets.

lien de l’appel sur le site de l’université : http://www.u-bordeaux3.fr/fr/recherche/ecole_doctorale/offre-scientifique/seminaires_interdisciplinaires_doctoraux/sid_offre_2012_2013-1.html#N101A6.

Si les études concernant l’altérité, les transferts culturels, la mondialisation, la culture matérielle correspondent le mieux aux attentes, aucun champ ne sera écarté. 

Les propositions devront être envoyées d’ici le 21 février à l’adresse suivante : Sabine.Du-Crest@u-bordeaux3.fr

 

 

Programme Colloque “Université & histoire de l’art, objets de mémoire (1870­-1970)”

Université & histoire de l’art, objets de mémoire (1870­-1970)

12 -13 décembre 2013

Musée d’Aquitaine – Université Bordeaux Segalen
Bordeaux

Au sortir de la guerre franco-prussienne, les facultés françaises connurent un renouveau sans équivalent dans leur histoire. Alors que le ministère de Jules Ferry voyait dans l’université un moyen d’instaurer des principes républicains reposant sur la méritocratie, le directeur de l’enseignement supérieur, Louis Liard, projetait une réforme où la recherche et l’étude des objets s’articulaient avec l’enseignement. Ces fondements durent s’adapter, dans la première moitié du XXe siècle, à l’extension des champs disciplinaires et au nombre croissant d’étudiants. La vétusté des locaux imposa donc la conception de nouveaux bâtiments universitaires en périphérie des grandes agglomérations. Aujourd’hui, cette période (1870-1970) s’incarne autant dans une réflexion historique que dans un processus de patrimonialisation. La démarche de l’historien de l’art permet de considérer l’université dans sa matérialité (architecture et œuvres décoratives) et de l’ancrer une perspective historique. Parallèlement, l’étude des objets ayant contribué à légitimer l’enseignement de l’histoire de l’art – moulages, photographies, voire objets d’art –conduit à inscrire la discipline dans cette histoire universitaire.

Sans s’attacher au seul exemple bordelais, ce colloque, qui vient au terme d’un programme de recherches de l’université Bordeaux Montaigne, sélectionné en 2010 par la Région Aquitaine, entend mettre dans une perspective nationale et internationale ces questions autour des notions de référence et de modèle, de construction disciplinaire et d’usages des collections. Une réflexion sur le devenir de ces objets et sur leur renouveau viendra clore ces journées.

 

Programme

 

JEUDI 12 DÉCEMBRE – MUSÉE D’AQUITAINE – SALLE DE L’AUDITORIUM


8h45
Accueil

9h00
• François HUBERT, directeur du musée d’Aquitaine :
Ouverture

9h15
• Marion LAGRANGE, maître de conférences en histoire de l’art contemporain (université Bordeaux Montaigne) :
Introduction

Modèles & références

Président de séance : Simon TEXIER, professeur d’histoire de l’art contemporain
(université de Picardie Jules Verne)

9h30
• Jean-Yves MARC, professeur d’histoire de l’art antique et d’archéologie (université de Strasbourg) :
“Le Kunstarchäologisches Institut de Strasbourg : un modèle pour l’Université française ?”

9h55
• Soline MORINIÈRE, chargée d’études documentaires (Service régional de l’archéologie, DRAC Alsace) – doctorante en histoire de l’art contemporain (université Bordeaux Montaigne) :
“Le processus de création des collections de moulages universitaires en France”

10h20
Échanges

10h35
Pause

10h55
• Gilles RAGOT, professeur d’histoire de l’art contemporain (université Bordeaux Montaigne) :
“Quelles références pour un enseignement supérieur de masse dans la France des Trente Glorieuses ? L’exemple du campus de Talence-Pessac-Gradignan”

11h20
• Adriana SOTROPA, maître de conférences en histoire de l’art contemporain (université Bordeaux Montaigne) :
“Louis-Ernest Barrias et la Nature se dévoilant à la Science, un modèle de sculpture”

11h45
Échanges 

12h00
Pause déjeuner


Constructions disciplinaires

Présidente de séance : Claire BARBILLON, maître de conférences habilitée en histoire de l’art contemporain (université Paris X Nanterre)


14h00
• Samuel PROVOST, maître de conférences en archéologie et en histoire de l’art de l’antiquité tardive (Université de Lorraine) :
“Le musée archéologique de l’université de Nancy et l’émergence de l’enseignement d’histoire de l’art et d’archéologie (1899-1919)”

14h25
• Judith SORIA, doctorante en histoire de l’art byzantin (EPHE, section des sciences religieuses) :
“Création, fonctionnement et usages de la collection byzantine de Gabriel Millet à l’École des hautes études (1899 – vers 1913)”

14h50
Échanges

15h05
Pause

15h15
• 
Marion LAGRANGE, maître de conférences en histoire de l’art contemporain (université Bordeaux Montaigne) :
“Des origines au XIXe siècle : l’écriture et la mise en image de la peinture espagnole par Pierre Paris”

15h40
• 
Laurence CHEVALLIER, docteur en histoire de l’art moderne (université Bordeaux Montaigne) :
“L’architecture des facultés bordelaises au XIXe siècle : la mise en œuvre d’une nouvelle conception pédagogique”

16h05
Échanges

16h20
Visite de la collection des moulages (accès réservé) par Anne ZIEGLÉ, conservateur des collections antiques (musée d’Aquitaine) et par Soline MORINIÈRE,  chargée d’études documentaires (Service régional de l’archéologie, DRAC Alsace)

 

VENDREDI 13 DÉCEMBRE – UNIVERSITÉ BORDEAUX SEGALEN – AMPHITHÉÂTRE PITRES


9h00
Accueil

Usages disciplinaires

Président de séance : Jean-Yves MARC, professeur d’histoire de l’art antique et d’archéologie (université de Strasbourg)


9h10
• Hélène BOCARD, conservatrice en chef du patrimoine (INHA) :
“La photographie dans les musées de moulages universitaires : une étude comparative”

9h35
• 
Pierre GARGANETTE, étudiant master 1 recherche histoire de l’art contemporain (université Bordeaux Montaigne) :
“Les usages pédagogiques de la photographie d’Adolphe Giraudon dans l’enseignement de Pierre Paris”

10h00
Échanges

10h15
Pause

10h30
• 
Christina NTAFLOU,  docteur en histoire de l’art (université Paris I Panthéon-Sorbonne) :
“Les objets en faveur de l’enseignement et le développement des disciplines en Grèce (XIXe siècle)”

10h55
• 
Alain DUPLOUY, maître de conférences en archéologie grecque et Audrenn ASSELINEAU, étudiante master 2 administration publique (université Paris I Panthéon-Sorbonne) :
“La collection d’antiquités grecques et l’évolution de l’enseignement de l’archéologie à l’Université de Paris (1894-1968)”

11h35
Échanges

11h50
Pause déjeuner


UNIVERSITE BORDEAUX SEGALEN – AMPHITHÉÂTRE DENUCÉ

Nouveaux regards et renouveaux des usages

Présidente de séance : Sophie CHAVE-DARTOEN, maître de conférences en anthropologie, directrice du Musée d’ethnographie de l’université Bordeaux Segalen


14h00
• 
Audrey DUBERNET, doctorante en histoire de l’art antique (université Bordeaux Montaigne) :
“Miniaturiser lʼAntique : récits de vies dʼune dactyliothèque”

14h25
• 
Élisabeth LE BRETON, ingénieur d’études, département des Antiquités grecques, étrusques et romaines (musée du Louvre) :
“La gypsothèque du musée du Louvre : sa place dans l’enseignement en 2013”

14h50
Échanges

15h05
Pause

15h15
• Claude LAROCHE, historien de l’architecture, chercheur au Service régional du patrimoine et de l’inventaire (Conseil régional d’Aquitaine) :
“La faculté de médecine et de pharmacie de Bordeaux : du projet au monument”

15h40
• Jean-François PINCHON, professeur d’histoire de l’art contemporain (université Paul-Valéry Montpellier III) et Rosa PLANA, professeur d’histoire de l’art antique et archéologie classique (université Paul-Valéry Montpellier III) :
“De la faculté des lettres à l’université Paul-Valéry Montpellier III : un écrin exemplaire pour l’enseignement de l’archéologie et de l’histoire de l’art”

16h20
Échanges

16h30
Clôture des journées d’études

AVIS DE SOUTENANCE


M. YVES-MICHEL BERNARD présente ses travaux en soutenance le : 22 novembre 2013 à 9h30.

en vue de l’obtention du diplôme : Doctorat Histoire de l’Art

Section CNU 22 – Histoire/civilisations : mondes modernes

Titre des travaux :

Origine et création des fonds régionaux d’art contemporain en France

Directeur : M. Dominique JARRASSÉ

Adresse : Université Bordeaux 3 – salle des thèses
La soutenance est publique.


Membres du jury :

-M. FRANCOIS BARRE (Responsable institution culturle Expert – FRAC Ile de France)

-M. DOMINIQUE DUSSOL (Professeur des Universités à l’ Université Pau – Pays de l’Adour)

-M. DOMINIQUE JARRASSÉ (Professeur des Universités à l’Université Bordeaux 3 – Michel de Montaigne)

-M. CLAUDE MOLLARD (Conseiller honoraire Expert – Cour des Comptes)

-M. JEAN-FRANCOIS PINCHON (Professeur des Universités à l’Université Montpellier 3 – Paul Valery)

 

Résumé de la thèse


Origine et création des fonds régionaux d’art contemporain en France

Cette thèse a pour objet l’étude de l’origine et de la création des fonds régionaux d’art contemporain (FRAC) entre 1981 et 1986. La période permet de mettre en regard les temps forts de la formation des collections d’art contemporain en France avec l’engagement de l’Etat dans une politique culturelle ambitieuse après l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981. Les limites géographiques sont la France métropolitaine.

Afin de mettre en évidence les évolutions de ce patrimoine contemporain nous avons étudié plus particulièrement les collections et les modes d’acquisitions qui ont été des modèles pour la constitution des FRAC. Ce corpus inscrit dans une chronologie depuis 1945 permet, par la diversité de cas abordés, de comprendre les modes de construction pour les FRAC après 1981.
Cette thèse étudie donc le contexte de création des FRAC dans le cadre de la politique culturelle et de mettre en exergue une nouvelle écriture de l’histoire de l’art avec ses évolutions et ses ruptures. Le plan se divise en trois grandes parties qui proposent un examen du contexte historique et l’action politique du ministère de la Culture.
La première partie analyse les modes d’acquisitions et d’expositions qui, au cours du XX° siècle en France, ont été des modèles pour la constitution des FRAC.
La seconde partie étudie l’engagement du ministère de la culture dans une politique ambitieuse qui aboutit à la création des FRAC après l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981.
La troisième partie, à proprement parlée d’histoire de l’art, porte sur les collections des FRAC.
Cette étude des collections a constitué l’essence de la recherche établie à partir de données informatiques de videomuseum qui a opéré un recensement de toutes les acquisitions. La thèse s’appuie également sur des documents d’archives, des travaux existants, une étude sur le terrain dans chaque collection de FRAC, d’entretiens et d’un dépouillement de la presse artistique.

Issus des revendications politiques formulées dans le programme de la gauche (« Les 110 propositions du candidat Mitterrand ») pour les élections présidentielles de mai 1981, les FRAC, financés à parité par l’Etat et par les régions, constituent un exemple fort de la réussite d’une politique culturelle décentralisée. Entre 1983 (date des premières acquisitions) et mars 1986 (date de la défaite de la gauche aux élections législatives) les vingt et un FRAC en activité ont acquis un total de 5 438 œuvres provenant de 1 377 artistes. Fonds d’exception dans le paysage culturel français, les FRAC sont l’aboutissement d’une volonté de démocratisation revendiquée depuis les années 60.

L’étude au sein de chaque période est axée sur l’écriture de l’histoire de l’art afin d’établir les grandes caractéristiques et l’évolution durant la période pour une mise en perspective des acquisitions des FRAC dans un processus historique afin de déterminer si ces nouvelles collections s’inscrivent dans un courant ou si elles font preuve d’exception.
Jusqu’en 1986, la croissance constante des crédits d’acquisition – autant du côté de l’Etat que des conseils régionaux – aurait pu conduire à l’établissement d’une esthétique officielle. Nous verrons qu’il y a eu tout au plus des « zones d’influence » qui sont apparues pour compenser de réelles absences dans les collections des musées en région. Toutefois, malgré cet incontestable investissement institutionnel, la puissance publique ne pouvait prétendre à devenir un acteur majeur dans le monde de l’art.
Durant cette période de forte effervescence, la contribution originale des FRAC aux débats sur l’art contemporain met finalement en valeur la capacité des institutions à produire un éclectisme culturel, un pluralisme esthétique, contestant les discours des historiens de l’art officiel et suscitant la curiosité du public.

Les FRAC vont acquérir des peintures, dessins et sculptures mais aussi majoritairement de
nouveaux types d’œuvres : photographies et objets de design, suivant l’exemple du FNAC (Entre 1981 et 1986 le FNAC acquiert plus de 800 oeuvres photos et 360 objets d’art décoratif. (videomuseum.fr)). Cela confirme cet éclatement des beaux-arts et son glissement vers les arts plastiques.

Les FRAC, lorsqu’ils ont procédé à des achats dits historiques, se sont beaucoup plus attachés à l’autorité de l’artiste et à l’évolution de son image dans le paysage de l’art actuel qu’à la recherche d’une oeuvre emblématique de cet artiste.

Rapidement les commissions définiront des axes d’acquisitions et délèguerons un de leurs membres pour des recherches, notamment pour la photographie, afin de réaliser des propositions globales.

Cette procédure aura l’avantage de réduire les conflits internes résultant d’un grand nombre de propositions, mais cette nouvelle pratique va personnaliser les ensembles et renforcer l’aspect « collection ».

Dès la création des FRAC se pose également le problème de l’éducation artistique des élus qui doivent valider les acquisitions d’œuvres par un vote à la majorité. La présence des conseillers arts plastiques dans les conseils d’administration sera déterminante dans les débats d’orientation.

Par ailleurs, la politique de diffusion a nécessité l’acquisition d’œuvres dites transportables. Cette politique de diffusion, souvent dans des lieux peu propices à l’art contemporain, a conduit de nombreux FRAC à acquérir de la photographie et des estampes (plus de la moitié des acquisitions jusqu’en 1986) non par volonté mais par nécessité.

Les FRAC doivent acheter les œuvres en fonction de ce qu’elles sont et non en fonction d’une classification. En cela, la notion de « fonds » s’oppose à celle de « collection » en vigueur dans le secteur institutionnel. Le FNAC, dont le mode de fonctionnement a été repris par les FRAC, a pour objectif avoué de couvrir l’ensemble de la production artistique. Les conservateurs de musée venaient y rechercher des œuvres pouvant compléter leurs collections.

Les conseillers artistiques régionaux, qui sont jusqu’à 1986 les véritables orchestrateurs des acquisitions dans les FRAC, ont recherché, chacun à leur manière, à interpréter les directives ministérielles. S’ils n’osent que très rarement parler, dès la création des FRAC, de « constitution de collections », ces nouveaux responsables ont déterminé avec l’appui des comités techniques des lignes d’acquisitions dont le classement répond à des critères de technique, de médium ou, plus étrangement, de couleur.

Notre volonté de classement et de définition, qui aurait dû caractériser cette thèse d’histoire de l’art contemporain, s’est heurtée en premier lieu aux réticences des artistes et plus simplement à l’appareillage utilisé dans les inventaires des musées (Les taxinomies par médium sont inopérantes car les artistes en utilisent souvent plusieurs pour une même œuvre, sous l’appellation générique de « mixed medias » (techniques mixtes)). S’il y a une évidence à admettre que la grande majorité des œuvres acquises durant ces trois premières années peuvent se rattacher aux grands courants de l’art contemporain depuis les années 60-70, il est tout aussi évident de constater que ces courants ont été l’enjeu de conflits idéologiques importants qu’il est difficile d’occulter ici.
Ainsi des artistes de sensibilité esthétique apparemment éloignée se retrouvent trop souvent associés dans des taxinomies réductrices et quelque peu inopérantes.

Cette approche des politiques d’acquisitions des FRAC nous permet d’entrevoir l’ampleur des problèmes posés dans l’écriture de cette histoire de l’art.

Cette étude apporte pour la première fois des éléments objectifs.

En fin d’ouvrage, un index référence toutes les acquisitions des FRAC par artiste. Il donne une vision claire et synthétique du patrimoine des FRAC dans ce bref moment d’histoire de l’art.
Cette étude démontre le caractère singulier des démarches entreprises par tous ces acteurs du milieu de l’art durant ces années militantes.

Centre François-Georges Pariset