Bordeaux, Paris, Rome, New York… La tradition réaffirmée du grand décor durant l’entre-deux-guerres

Paquebot « Île de France » C.G.T. – Le Salon Mixte, carte postale (détail), coll. part.

Appel à communication. Dans la continuité de l’atelier qui avait donné lieu en 2020 à la publication Une tradition révolutionnaire. Les arts figuratifs de Rome à Paris 1905-1940 et à l’occasion de l’exposition Jean Dupas & Co. Le grand Art déco (musée des Beaux-Arts de Bordeaux, 26 juin-29 novembre 2026), le musée des Beaux-Arts de Bordeaux, le département d’histoire de l’art de l’Académie de France à Rome – Villa Médicis et le centre de recherche en histoire de l’art F.-G. Pariset (université Bordeaux Montaigne), ont souhaité organiser un colloque international, qui se tiendra à Bordeaux, à l’auditorium de la bibliothèque Mériadeck (85 cours Maréchal Juin), le jeudi 5 et le vendredi 6 novembre 2026.

Ce colloque international se propose d’explorer la dynamique paradoxale de la tradition : la résistance au modernisme développée par certains artistes formés dans le cadre officiel de l’École des beaux-arts se conjugue en effet à des propositions d’évolution se traduisant tout particulièrement par un investissement dans le grand décor, qu’il s’agisse de bâtiments publics, de paquebots ou de pavillons d’exposition.

Le parcours même de Jean Dupas – de Bordeaux à Paris, Rome et New York – est exemplaire de cette dynamique, stimulée par des circulations et échanges, qui produit un art difficile à qualifier pour les critiques et les historiens. En témoignent notamment les grands programmes décoratifs auxquels il est associé, en particulier la Bourse du travail de Bordeaux (1938). Le rôle de certains architectes comme Expert, d’Welles, Roux-Spitz, Carlu ou Beaudouin, est central dans la réunion du groupe d’artistes qui, autour de Dupas et de ses amis, dont plusieurs comme lui sont Prix de Rome, prend part à l’élaboration d’un « art décoratif ». De même le cadre des expositions nationales ou internationales est essentiel pour ce type de productions, parfois éphémères.

Ces artistes, rejetant les avant-gardes aussi bien que la routine académique, tentent d’ouvrir une voie alternative privilégiant une évolution fondée sur les principes fondateurs de l’École tout en adoptant des stylisations et des déformations assez maniéristes, qui sont une des bases de ce que l’on qualifie parfois comme « peinture Art Déco », notion en vérité réductrice. Si certains ont pu y voir un « classicisme décoratif » (Arsène Alexandre), il apparaît bien que cet art échappe aux catégories convenues.

Ces tendances sont concomitantes en France, en Italie et en Amérique du Nord. Ne serait-ce pas aussi parce que les plus actifs de ces défenseurs d’une tradition vivante ont été formés à Rome ? Les perspectives de ce colloque doivent s’élargir aux États-Unis où la pratique du grand décor et le culte de la notion de tradition, de l’American Renaissance à l’American Scene, structurent une fraction notable du champ artistique dans une relation d’attraction/répulsion avec l’Europe. Parmi les illustrations possibles de ce phénomène, citons les pensionnaires de l’American Academy in Rome, les exposants de l’Architectural League de New York ou bien encore Thomas Hart Benton, dont le langage plastique doit beaucoup aux décorateurs de la Renaissance italienne.

L’hypothèse centrale de ce colloque n’est pas tant la recherche d’« influences » que celle d’affinités, plastiques et idéologiques, et de convergences entre les artistes passés par la Villa Médicis ou l’American Academy, certains artistes italiens du Novecento comme Sironi, ou des artistes italiens spécialisés dans la peinture murale, comme Ferrazzi, Campigli ou Cagli, qui présentent les mêmes aspirations et traitent de thèmes communs.

Axes du colloque

  • Dupas, ses amis : positionnement artistique et idéologique, exemples de grands décors, dont évidemment ceux de Bordeaux, en privilégiant certains ensembles encore peu étudiés.
  • Artistes italiens et américains qui ont exprimé ces tendances prioritairement à travers le grand décor, en envisageant leur formation et les cadres de leurs productions, car l’entre-deux-guerres est marquée par des « grands » programmes politiques explicites.
  • Tentative de qualifier ces productions à travers leurs options tant plastiques qu’idéologiques, les catégories proposées à ce jour par l’historiographie, néo-classicisme, Retour à l’ordre, etc. ou même Art Déco s’avérant peu convaincantes.

Les propositions (350 mots au maximum), rédigées devront être envoyées au plus tard le 30 mai 2026, accompagnées d’une courte bio-bibliographie à :

patrizia.celli@villamedici.it

laurent.houssais@u-bordeaux-montaigne.fr

m.wymbs@mairie-bordeaux.fr

Les participants recevront une réponse le 30 juin 2026.

Les communications devront durer 25 minutes au maximum.

Ce colloque international est destiné à la publication, après examen des manuscrits par le comité scientifique.

Pour télécharger l’appel : appel_colloque_grands_decors

Comité scientifique

Sophie Barthélémy, directrice du musée des Beaux-Arts de Bordeaux

Alessandro Gallicchio, maître de conférences, Sorbonne Université, directeur du département d’histoire de l’art de l’Académie de France à Rome – Villa Médicis

Laurent Houssais, maître de conférences, université Bordeaux Montaigne, directeur du centre de recherche en histoire de l’art F.-G. Pariset (UR 538)

Laura Iamurri, professeure, Università degli Studi, Roma Tre

Dominique Jarrassé, professeur honoraire associé, université Bordeaux Montaigne, professeur à l’École du Louvre

Pierre Sérié, maître de conférences hdr, université Clermont-Auvergne, Clermont-Ferrand

Margaux Wymbs, conservatrice des collections XIXe-XXe au musée des Beaux-Arts de Bordeaux

Comité d’organisation

Alessandro Gallicchio, maître de conférences, Paris Sorbonne, directeur du département d’histoire de l’art de l’Académie de France à Rome

Laurent Houssais, maître de conférences, université Bordeaux Montaigne, directeur du centre de recherche en histoire de l’art F.-G. Pariset (UR 538)

Margaux Wymbs, conservatrice des collections XIXe-XXe au musée des Beaux-Arts de Bordeaux

Charles de Wailly à l’oeuvre

Charles De Wailly, Temple de l’Amitié, 1782. Albertina, Vienn

Faisant suite à l’appel à communication lancé en juin dernier, cette journée d’étude est organisée par le Criham (université de Poitiers) et le CRHA F.-G. Pariset (université Bordeaux Montaigne), avec le soutien du Ghamu dans le cadre du master histoire, civilisation et patrimoine.

Cette journée, qui se tiendra le jeudi 2 avril à Poitiers, faculté des sciences humaines et arts, 8 rue René Descartes, bât. E 17, salle 103, a été organisée et coordonnée par Marie-Luce Pujalte-Fraysse (université de Poitiers, Criham) et Alexia Lebeurre (université Bordeaux Montaigne, CRHA F.-G. Pariset).

Entrée libre et ouverte à tous dans la limite des places disponibles.

La journée se tiendra aussi en visioconférence. Lien de connexion : https://univ-poitiers.webex.com/meet/marie.luce.pujalte.fraysse

PROGRAMME

10h – Marie-Luce Pujalte-Fraysse (université de Poitiers), Introduction

10h15 – Daniel Rabreau (université Panthéon-Sorbonne), Pour un portrait moral de l’architecte

 Au service des élites européennes

11h – Bertrand Gautier (Galerie Talabardon et Gautier, Paris), Dessins inédits autour des décors du grand Salon du palais Spinola de Gênes 

11h30 – Pause

11h45 – Dirk Van de Vijver (université d’Utrecht), Historiographie critique sur De Wailly en Belgique. Limites et perspectives

12h15 – Amalia Papaioannou (université Harokopeio) – Archéologie, érudition et promotion professionnelle : les projets de fabriques pour le parc d’Enghien de Charles De Wailly

Le milieu professionnel

14h30 – Delphine Desbourdes (centre de recherche du château de Versailles), Une exception dans le mécénat du duc d’Aiguillon : la commande de la chaire de Saint-Sulpice à Charles De Wailly

15h – Adeline Rege (université de Strasbourg), Camarades d’études, confrères, concurrents ? Les relations entre Charles De Wailly et Simon-Louis Du Ry

15h30 – Pause

15h45 – Sigrid de Jong (ETH Zurich), Suspendu dans l’air : échanges sur le mouvement dans l’architecture entre De Wailly, Chambers et Le Roy

16h15 – Aurore Walter (université de Poitiers), Au cœur du chantier : le cercle professionnel de Charles De Wailly aux Ormes

16h45 – Hélène Rousteau-Chambon (Nantes Université), Charles De Wailly, un académicien comme les autres ?

17h15 – Alexia Lebeurre (université Bordeaux Montaigne), Conclusion

Pour télécharger le programme : Programme JE De Wailly

 

LES RESEAUX

Harold Harvey, The Critics, 1922. Huile sur toile, 98 x 75 cm., Creative Commons 0, @Birmingham Museum

Les doctorantes et doctorants du CRHA F.-G. Pariset organisent une journée d’étude sur « Les Réseaux », le vendredi 27 mars, à la bibliothèque universitaire Droit Lettres, 4 avenue Denis Diderot, Pessac, salle 608. L’entrée est libre et gratuite.

PROGRAMME

 9h00

Introduction par Laurent Houssais et Myriam Métayer

Emeline Larroudé, Le réseau Bussière ou les ramifications d’une dynastie d’artistes (XIXe-XXe siècle)

Gabriele Romani, Réseaux d’ateliers et collusion créative : le rôle actif des modèles italiens à Paris (1850-1920)

Cora Hopkins, Exposer ensemble : initiatives collectives et internationales des peintres roumaines (1916-1939)

13h00

Iris Mansot, De l’importance des galeries pour l’intégration de certaines artistes femmes dans l’abstraction lyrique (1953-1965)

Catherine Macchi, Cloti Ricciardi et Suzanne Santoro, deux artistes féministes aux marges du milieu de l’art italien dans les années 1970

François Trahais, La Côte d’Azur dans l’histoire de l’art conceptuel : un discret pôle d’influences (1972-1992)

Clémentine Aïqui Reboul Paviet, Comedian (2019) de Maurizio Cattelan : le monde de l’art contemporain face aux réseaux sociaux et aux nouveaux médias

15h45

Table ronde avec les masterants et masterantes du master recherche en histoire de l’art, université Bordeaux Montaigne, département d’histoire de l’art et d’archéologie

Pour télécharger l’affiche-programme : Les_réseaux_affiche_programme

“Peindre comme un homme”, une réponse pour être artiste femme dans l’abstraction lyrique ? L’exemple d’Huguette Arthur Bertrand (1920-2005)

Iris Mansot, doctorante du CRHA, donne une conférence intitulée “Peindre comme un homme”, une réponse pour être artiste femme dans l’abstraction lyrique ? L’exemple d’Huguette Arthur Bertrand (1920-2005) le mardi 10 mars 2026, de 18h à 19h, aux archives départementales de la Gironde (72-78 cours Balguerie Stuttenberg, Bordeaux). L’entrée est libre et gratuite.

Portrait d’Huguette Arthur Bertrand, v. 1955

En 1962, sur la première chaîne de l’ORTF, Huguette Arthur Bertrand déclare vivre comme un homme et peindre donc comme un homme. Que nous dit ce propos sur la situation des artistes femmes dans l’abstraction lyrique des années 1950 en France ? À partir de cette déclaration, la présentation interrogera la relation entre la pratique picturale de Huguette Arthur Bertrand et les stéréotypes de genre, tant du point de vue de ses déclarations que de la réception critique de son œuvre.

Cette conférence s’intègre dans le cadre du second cycle de conférences, Du nouveau sur le passé. Actualité de la jeune recherche en archéologie, histoire et histoire de l’art, cycle organisé en 2025-2026 par Philippine Piel et Clément Piquet, deux membres du CEMMC. Le programme 2025-2026 émane toujours de doctorantes et de doctorants rattachés à trois unités de recherche de l’université Bordeaux Montaigne : Ausonius, le CEMMC et le CRHA F.-G. Pariset. Les conférences sont destinées à un public large et diversifié.